NTENJI WA MBUJIMAYI, DIKU DYA BENA MAWEJA DIDI DINUSEKELELA: KOLAYI! ANYISHAYI!

DIOCESE DE MBUJIMAYI

La une

CONVIVENCE: "Que tous soient un"

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Après la retraite spirituelle 2026, le clergé de Mbujimayi est convié à des rencontres d'échanges dites convivences.

La teneur desdites rencontres est dans le document ci-dessous.

Que les fruits envisagés adviennent pour la communion . 

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TEXTE DE LA RETRAITE SPIRITUELLE 2026 POUR LES PRÊTRES OEUVRANT AU DIOCESE DE MBUJIMAYI

 

 

Le prédicateur, Père Jean-Claude KANKU KAZADI, cicm
                Curé de la Paroisse Saint Léonard / Tubondo
                MBUJIMAYI / R.D. CONGO

nous permet de lire ses exposés, même si nous sommes loin; voir fichiers ci-dessous.

Retraite des pretres oeuvrant au diocese de mbujimayi 103130Retraite des pretres oeuvrant au diocese de mbujimayi 103130 (64.7 Ko)

         RETRAITE DES PRETRES OEUVRANT AU DIOCESE DE MBUJIMAYI
                                   DU 20 AVRIL AU 24 AVRIL 2026

THEME : CE N’EST PLUS MOI QUI VIS, MAIS LE CHRIST QUI VIT EN MOI (Ga 2, 20)
« Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu  qui m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Ga 2,20)
Taatu Bernard,
Messeigneurs les vicaires généraux,
Chers confrères dans le sacerdoce (les aînés, ceux de ma génération et les jeunes)
La retraite reste et restera toujours un moment fort et significatif du cheminement spirituel des chrétiens, c’est-à-dire, ceux dont l’existence est continuellement traversée par l’Amour du Christ et par la passion de l’annoncer jusqu’aux extrémités de la terre. Même si le diocèse organise chaque année un temps de retraite, en spiritualité, la retraite est toujours un temps voulu par Dieu lui-même pour nous parler de manière spéciale : « C’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (Osée 2, 16).
-    C’est le Seigneur qui nous amène au désert pour parler à nos cœurs. Le cœur est un organe très important dans la croissance humaine et spirituelle. D’ailleurs dans le langage populaire, quand les gens  parlent d’une mauvaise personne, ils disent simplement qu’elle a un mauvais cœur. Par contre, quand il s’agit d’une personne que les gens considèrent comme assez bonne, ils disent avec beaucoup de déférence qu’elle a un bon cœur. 
-    Dans l’Evangile selon Saint Marc 7, 14-23. Jésus est clair : « Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. ». 
-    L’invitation nous est lancée, au début de cet exercice spirituel important, d’ouvrir nos cœurs pour écouter le Seigneur. 


•    Psaume 50 (51), 19 : tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. » 
•    Psaume 137 (138), 1-2 : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. »

-    Faisons la relecture de notre marche avec le Seigneur. Chaque année, je pars à Kinshasa pour aider mes jeunes confrères CICM qui se préparent à la profession perpétuelle au niveau de toute la région d’Afrique. Ma session est intitulée : Relecture psycho-spirituelle de nos expériences de rencontre avec le Seigneur. Il s’agit simplement, avec les techniques de la psychothérapie et de la spiritualité, de les aider à découvrir  les moments où Dieu était ou est à l’œuvre à travers des appels, des décisions prises, des épreuves, de joies, de moments de croissance humaine et spirituelle. 
-    Silence : élément important d’une retraite. Silence et écoute vont ensemble. Le silence est toujours la promesse d’une rencontre.  Le silence nous permet d’aller un peu plus en profondeur et de rejoindre cet espace sacré où nous sommes confrontés à nous-mêmes sans masque pour répondre en toute sincérité aux questions suivantes : 
•    Qu’est-ce qui a grandi en moi ? 
•    Qu’est-ce qui a été difficile pour moi ? 
•    Qu’est-ce qui m’a procuré la joie  dans mon ministère ? 
•    Qu’est-ce qui me maintient ? 
•    Quels ont été les lieux de combats ? 
•    Quelles ont été mes armes de combats ? 
•    Quels sont les sentiments profonds qui dominent en moi au début de cette retraite (peur, joie, tristesse, honte…) ? 
•    Qu’est-ce que j’aimerais privilégier (les points de vigilance) pour répondre généreusement à l’appel de Dieu ? 
•    Suis-je vraiment un prêtre selon le cœur de Dieu ? 
•    Qu’est-ce que je suis prêt à modifier dans ma vie pour être prêtre selon le cœur de Dieu ?
Documents consultés pour préparer cette retraite.
-    Valentin NTUMBA KAPAMBU : Saint Paul, l’exemple d’un pasteur. 
-    José Prado Flores : Le secret de Saint Paul, l’athlète de Jésus-Christ.
-    Anselm Grün : Ce qui rend les hommes malades et ce qui les guérit.
-    Exhortation apostolique : « Gaudete et Exsultate », Sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, du feu Pape François.
-    Mes cours de Théologie spirituelle I et II, donnés au Grand Séminaire Interdiocésain « Christ-Roi » de Malole
-    Mes cours de Thérapie Individuelle et Thérapie de Groupe à l’Université Pédagogique de Kananga (UPKA
INTRODUCTION
Pendant quelques jours, nous allons essayer de méditer, de contempler,  de nous remettre en question, d’admirer aussi quelques progrès réalisées dans notre ministère, à partir de l’une des figures les plus remarquables du Nouveau Testament : Paul de Tarse, l’athlète de Jésus-Christ, le soldat du Christ. Un homme aux multiples facettes : à la fois juif, grec et romain, pharisien et chrétien, contemplatif et homme d’action, infatigable dans sa course et enchainé à l’inactivité de la prison, accompagné de beaucoup et finalement abandonné par tous.
Mais quel est son secret ? Quel est le sens de sa vie ?
Tout part d’une rencontre personnelle avec Jésus Christ ressuscité, sur le chemin de Damas. A partir de là, Paul commence une longue course, annonçant partout et de mille manières l’Evangile de la grâce. Il y a donc un immense amour qui l’unit à Jésus depuis sa conversion. Un amour qui remplit son cœur et anime toute la vie jusqu’au moment de martyre à Rome. Le cœur de Saint Paul apparaît alors comme un pur miroir du cœur de Jésus, le Bon Pasteur. Car c’est toujours Jésus qui est au centre, et jamais Paul, dont la mission est de conduire à Jésus : « Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1Co 11,1). L’existence de Paul est continuellement traversée par l’Amour du Christ et par la passion de l’annoncer jusqu’aux extrémités de la terre.

1.    Transformation de Saint Paul
En lisant les Actes des Apôtres ou les Epîtres, une des choses qui frappe le plus, c’est l’importance accordée à l’événement de Damas : dans les actes des Apôtres, il nous est raconté à trois reprises, une fois par Luc sous forme d’un récit à la troisième personne (Ac 9, 3-19) et deux fois par Paul lui-même sous forme de deux discours autobiographiques et apologétiques (Ac 22, 3-21 et 26, 9-18). Dans les Epîtres également, Paul en parle souvent, aussi bien dans ses premières lettres que dans les dernières (Ga 1, 13-17 ; 1Co 15, 8-10 ; Ph 3, 5-6 ; 1Tim 1, 12-15).
Pourquoi une telle insistance sur cette expérience-là ? C’est que cette rencontre sur le chemin de Damas est fondamentale : c’est là que tout commence, c’est là que Paul a rencontré Christ vivant et que sa vie a été changée. De cette rencontre il tire la vérité de son envoi, de son « apostolicité ». En d’autres termes, l’événement de Damas, c’est l’expérience fondatrice de sa vie d’Apôtre.
Au sein de sa pratique, au sein de sa militance, Paul a été arrêté par Dieu. Stoppé dans son élan. C’est la preuve que ce qu’il annonce n’est ni une théorie, ni une idéologie, ni une pensée personnelle, mais vraiment la révélation que Dieu peut et veut non seulement s’approcher des hommes, mais changer leur vie. L’événement de Damas « a représenté un changement profond dans la vie de Paul ».
Dans sa guerre mortelle contre l’hérésie des Nazaréens, Saul, bien qu’ayant défendu tenacement son territoire, est assiégé et capturé de la façon la plus sur prenante : « Ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Ph 3,12). Le persécuteur est persécuté et saisi par celui qui ne l’abandonnera jamais.
« Seigneur, tu m’as séduit et je me suis laissé séduire ; tu m’as terrassé, tu m’as vaincu, tu as été le plus fort » (Père Manu Tsasa, cicm ; cfr. Livre des chants : loire à Dieu, p. 183).
De même que tout athlète a besoin d’un appui ferme pour commencer sa course, le point de départ de l’Apôtre repose sur sa rencontre personnelle avec Jésus ressuscité. Ce fut une expérience si inoubliable qu’elle sera la force motrice qui lui permettra de supporter la course d’obstacles, les prisons, la maladie, les naufrages, la faim et, plus pénible encore, la trahison de faux frères ou l’abandon de ses amis.
Damas est si décisif que, quand quelqu’un remet en question son autorité apostolique, il répond avec un argument irréfutable : « N’ai-je donc pas vu Jésus, notre Seigneur ? (1 Cor 12, 11). Sans Damas pas de mission, car l’annonce de l’Evangile, au lieu d’être un témoignage, se transformerait en propagande ou en répétition de convictions intellectuelles, sans le feu de l’expérience qui fait fondre les idées froides et l’intelligence.
Avec l’expérience de Damas, les intentions antérieures de Paul s’évaporent comme l’eau dans le désert aride. La religion de ses pères avait besoin d’une révision radicale à la lumière de Damas.
Il élabore son nouveau programme de son existence. Avant cet événement qui coupa sa vie en deux, tout était clair. Après, tout sera différent. La clé pour comprendre Paul, c’est Damas. Ainsi dans l’hymne de sa vie, chaque événement doit être lu avec la clé de ce qui est survenu sur la route de Damas.
Sa vie comporte deux parties : « Sans le Christ » et « Dans le Christ ». Notons que ce n’est pas « Sans le Christ » et « Avec le Christ », mais quelque chose de bien plus profond et décisif : « Dans le Christ ». Paul ne vit pas seulement avec Jésus mais en lui.
La conversion de Paul est plus profonde et englobe toute sa personne. On peut changer ou progresser en théologie ou en christologie, sans nécessairement se convertir. La transformation de Saul ne survient pas lorsqu’il modifie ses conceptions doctrinales mais lorsqu’il change sa vie. C’est alors qu’on parle de conversion : Etre une nouvelle créature.

 

1.1.    Paul, un pasteur cohérent
Une des attitudes qui surprend chez Paul, et parfois même scandalise certains, c’est sa volonté et même sa prétention à être un modèle.
« Nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter » (2 Th 3, 9)
« Soyez mes imitateurs, frères ; portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous » (Ph 3, 9)
« Retiens dans la foi… le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi » (2 Tim 1, 13).
« Je vous exhorte donc : soyez mes imitateurs » 1 Co 4, 16)
De telles paroles peuvent étonner de la part d’un Apôtre qui est supposé parler avec humilité. Mais en écrivant cela, Paul ne fait pas preuve d’orgueil, ni de vantardise. Il avait bien conscience d’être lui aussi un pécheur, il s’estime même être le premier d’entre eux (1 Tim 1, 15). Ailleurs il se considère comme un avorton, le moindre des Apôtres, et indigne d’être vu comme tel (1 Co 15, 9).
Si Paul cependant se donne pour un modèle, ce n’est donc pas qu’il soit parfait ou supérieur aux autres, mais parce qu’il y a dans sa vie une grande cohérence entre sa foi et sa vie, entre son enseignement et son comportement, entre sa vie publique et sa vie privée.
Un modèle, ce n’est pas quelqu’un de parfait, mais d’authentique.  Qui sait au besoin reconnaître ses erreurs, ses faiblesses et ses manquements, qui essaye de changer bien sûr, mais qui reste cohérent dans toute sa personne sans hiatus entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. « L’homme spirituel n’est pas celui qui a supprimé les instincts et les pulsions, les mouvements de l’âme et les tendances intérieures, mais celui qui laisse tout cela être illuminé par la lumière mystérieuse de l’Esprit ». (Amadeo CENCINI, les sentiments du Fils, p.31).
Paul veut non seulement un pasteur, mais un repère. C’est ainsi qu’il faut comprendre les exhortations à être ses imitateurs. Ces paroles ne sont pas celles d’un orgueilleux plein de lui-même. Si donc il demande qu’on « limite », ce n’est pas pour le copier, ni encore moins le « singer », mais pour qu’on marche dans la même direction que celle qu’il indique : celle de l’écoute, de l’obéissance, de la suite du Christ. C’est d’ailleurs ce qu’il dit en toutes lettres : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ ».
S’il revendique le terme de modèle et s’il demande aussi à ses enfants spirituels de l’être à leur tour, ce n’est pas, encore une fois, qu’il s’estime être parfait ou « arrivé », mais il a des objectifs et des repères dans sa marche de tous les jours, et il aimerait que ces objectifs et ces repères soient partagés par ses amis et ses disciples.
S’il est une chose importante aujourd’hui, c’est bien celle-là : être des repères pour nos contemporains déboussolés. Notre société a souvent été décrite comme « sans pères et sans repères ». D’où tant d’égarements, d’angoisses et de déprimes. C’est une des caractéristiques essentielles d’un cœur de pasteur, aujourd’hui comme hier : être des repères pour le troupeau.
Un souci d’édification. Dans le sens premier de ce terme. Le chrétien étant le temple du Saint – Esprit, et l’Eglise la maison de Dieu (1 Co 3,16 et 6,19 ; 1 Tim 3,15) Paul veille à la construction de ces édifices. Avec grand soin. La fin de l’Epître aux Romains en est une Illustration frappante.
La manière dont Paul parle aux Corinthiens des dons spirituels relève du même souci : « Puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Eglise » (1 Co 14,12). Dans la suite de l’épître, Paul va même encore plus loin : « Que tout se fasse pour l’édification » (1 Co 1,8). Paul précise même aux Ephésiens que le but des ministères donnés par Dieu est « l’édification du corps de Christ » (Ep 4,12).
C’est ce souci constant de l’édification de l’Eglise qui va rendre Paul à la fois ferme et souple. Très ferme, car il veut un édifice solide : on ne construit pas avec n’importe que matériau et Paul y est très attentif (1 Co 3,10-11). Mais très souple aussi, car il est attentif aux personnes, à leurs sentiments, à leur évolution ou à leur origine.
Je voudrais ouvrir une parenthèse, j’espère que je la fermerai vite. Je voudrais vous parler de la spiritualité d’en haut et la spiritualité d’en bas. J’ose croire que Saint Paul avait bien compris, avec l’expérience  de Damas, qu’il fallait se laisser imprégner par cette spiritualité d’en bas. L’histoire de la spiritualité connaît, entre autre, deux courants : la spiritualité d’en haut et celle d’en bas. Spiritualité d’en bas est un courant qui pense que Dieu ne se limite pas à nous parler dans la Bible et par l’Eglise, mais qu’il s’adresse à nous, à travers nos pensées et sentiments, à travers notre corps, nos rêves, et même nos blessures et ce que nous considérons comme des faiblesses.
Amadeo CENCINI a écrit un livre important sur ce thème : « Evangéliser la sensibilité ». Il a la sensation, au moins d’une formation en quelque sorte incomplète et inachevée, qui ne parvient pas au cœur (au sens biblique te même psychologique), seulement extérieure et comportementale, où très spirituelle ou intellectuelle, qui instruit et équipe le fonctionnaire du culte, mais n’arrive pas toujours à toucher et à convertir sa sensibilité, ou qui en tout cas fait que quelque chose d’important pour l’humanité n’est pas du tout touché ni atteint par le processus de formation.
Le chemin qui mène à Dieu s’effectue plutôt par des tours et détours, il passe par des échecs et des déceptions personnelles. Ce n’est pas ma vertu qui m’ouvre  en premier lieu à Dieu, mais bien ma faiblesse, ma détresse et même mon péché.
La spiritualité d’en haut commence par fixer des idéaux. Elle procède à partir des objectifs que l’homme devrait atteindre par l’ascèse et la prière. Ces idéaux sont déterminés à partir de l’étude de l’Ecriture sainte, de l’enseignement moral.
La psychologie moderne est très réservée à cet égard, parce que cette spiritualité d’en haut court le risque d’aboutir à une scission intérieure. Celui qui s’identifie à ses propres idéaux, refoule souvent sa personnalité, qui n’est pas conforme à de tels idéaux. L’homme est divisé et désorienté. En revanche, la spiritualité d’en bas, telle que l’ont pratiquée les premiers moines, se retrouve confirmée par la psychologie, selon laquelle il est évident que l’homme peut accéder à sa nature profonde seulement en passant par la connaissance de soi la plus sincère. Je ferme la parenthèse.
C’est pourquoi cette exhortation à être un exemple, Paul l’adresse aussi aux pasteurs auxquels il écrit à Timothée : « Sois un modèle pour des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim 4, 12), à Tite : « Te montrant toi-même un modèle d’œuvres bonnes, et en donnant un enseignement pur, digne » (Tt 2,7).
Paul sait bien que les paroles sont vaines, si la vie n’est pas en harmonie avec elles, et que l’évangélisation n’est qu’un vain essai de propagande, si elle n’est pas authentifiée par un comportement adéquat.
Là encore, Paul est d’une grande actualité. Aujourd’hui – et parfois jusque dans l’Eglise – on sépare une vie privée et vie professionnelle. A certains égards, on a raison, car notre vie n’a pas à être étalée sur la place publique. Mais il est essentiel que la vie d’un pasteur soit en accord avec ce qu’il enseigne.
Combien de personnes ont été attirées, intéressées et finalement gagnées à l’Evangile par le rayonnement d’une vie consacrée authentique ? A l’inverse, combien de gens ont été détournés de la foi, suite au comportement d’un responsable dont la vie ne suit pas les paroles. Paul insiste beaucoup sur le témoignage de vie. Il faut rendre témoignage. Mais justement, rendre témoignage, ce n’est pas faire semblant d’être parfait, ou de ne pas avoir de problèmes, mais c’est être cohérent.
En disant : « Soyez mes imitateurs », Paul ne se vante pas, il n’est pas orgueilleux, il dit simplement aux chrétiens auxquels il s’adresse, comme à ceux de tous les temps : veuillez comme j’essaye de le faire, à ce que votre vie soit en accord avec votre foi. C’est la cohérence. Si nous ne sommes pas cohérents, nous vivons donc dans l’incohérence. En d’autres termes, il y a un malentendu fondamental. Essayons maintenant de mieux expliquer son contenu et sons sens. Quel est ce malentendu ? Comment fonctionne-t-il en nous ? Que provoque-t-il ? Pourquoi nous empêche-t-il de vivre dans la liberté et dans la vérité ? Quelles conséquences peut-il avoir sur notre vie de foi et sur nos relations avec les autres ? Les relations conflictuelles sont souvent provoquées par nos propres incohérences. Toute incohérence perturbe la relation, qu’elle soit amicale, familiale, dans une fraternité religieuse ou même notre relation avec Dieu.
Lorsque l’homme commence à comprendre son conflit central, il voit en lui comme un contraste, comme une fêlure intérieure. Que provoque alors cette incohérence ? Elle absorbe l’énergie psychique et l’oriente dans le mauvais sens : vers l’assouvissement de ce besoin qui est devenu trop important dans la vie d’un être humain.
Nous pouvons dire qu’en cas de cohérence, toute l’énergie s’écoule dans un seul sens, qu’un homme cohérent sait ce qu’il lui faut faire pour mieux réaliser son idéal. Il y a une conformité de ce que cette personne pense, de ce dont elle rêve et de ce qu’elle réalise. Une personne cohérente est efficace dans ce qu’il fait, ce qui signifie que tout en elle, ses sens intérieurs, extérieurs, son cœur, sa pensée, sa volonté – tout va dans la même direction. Le seigneur dit en effet que le commandement le plus important est d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute sa raison, de toutes ses forces, et que cela constitue une unité. La cohérence représente une unité : la conscience et l’inconscience, le cœur et la raison, les bras et les jambes, les sens intérieurs et extérieurs, le désir rationnel et affectif, les projets et les rêves, les impulsions de toutes sortes, tout tend vers un seul idéal.
L’incohérence, en revanche, montre que cette énergie ne va pas dans un seul sens, mais qu’elle se disperse. L’énergie, au lieu de servir un idéal, se tourne dans un autre sens, ou vers d’autres besoins, par exemple vers le besoin d’être aimé, vers le besoin d’un succès, de l’affirmation de soi… et, de ce fait, elle suscite des angoisses et des résistances, affaiblissant l’engagement dans la réalisation de cet idéal.
Comprenez-vous la différence entre un homme compétent et un homme efficace ? Un religieux qui sait bien enseigner peut être compétent, par exemple, ou un prêtre qui prononce de belles homélies, ou une religieuse qui a appris à être une bonne infirmière, une enseignante. Elle compétente, elle a appris la technique. Mais elle n’est pas efficace. Etre efficace veut dire être libre, laisser son humanité s’imprégner de la grâce de Dieu. L’efficacité est beaucoup plus importante que la productivité.
Il faut donc délimiter l’énergie psychique qui devient dominante en soi, c’est-à-dire qu’il faut déterminer ce qui devient trop important pour soi, ce qui prend une place centrale dans la vie, ce qui commence à régner dans son cœur, ce qui devient le vrai motif de son bonheur.
Quatre étapes  pour comprendre comment se fonde la motivation inconsciente. Nous voulons découvrir comment l’incohérence se forme en nous. Les incohérences ont souvent aussi leur formateur et leur maître – formateur invisible. Le plus souvent, elles se développent progressivement, en silence, d’une façon extrêmement délicate.
Première étape : la recherche d’un petit assouvissement.
La première étape est la recherche d’un petit assouvissement, de quelque chose de très quotidien. Ce n’est pas suffisant pour en parler à un confesseur. Il s’agit donc de concessions très quotidiennes, sans grande importance.
Deuxième étape : l’ambiguïté
Lorsque ces concessions s’accentuent de façon plus fréquente, une ambiguïté s’installe dans le comportement. La répétition est très importante pour la psychologie : un geste souvent répété laisse des traces de plus en plus profondes, gagne en importance, s’impose. Progressivement, ce comportement devient de plus en plus ambigu. Ce n’est pas encore un comportement peccamineux et donc, l’homme se plaît à y revenir et n’éprouve pas la nécessité de s’en débarrasser. Plus un geste est répétitif, plus la conscience s’habitue à lui, plus elle se fait indulgente dans son estimation le concernant. Ceci le conduit inéluctablement à l’affaiblissement de ses propres convictions et de sa sensibilité morale. Toutefois, le plus souvent, nous n’arrivons pas à contrôler ces deux premières étapes. Pourquoi ? Parce qu’elles nous semblent être sans importance, et surtout faciles à pardonner.
Troisième étape : l’habitude
Une répétition continue et non contrôlée crée une habitude. Et que représente une habitude dans la perspective de la psychologie ? Elle signifie qu’une satisfaction émotionnelle devient un style de vie, une attitude qui s’impose de plus en plus, tout en ayant de moins en moins besoin d’un stimulant conscient de la part de l’homme. Vous voyez, c’est la liberté qui commence à faire défaut. Il n’y a plus de liberté là où s’installe l’habitude.
Ensuite, renoncer à une habitude devient de plus en plus difficile. L’homme a de plus en plus de mal à contrôler ce qui lui arrive, car il comprend de moins en moins ce qui se passe dans son cœur. Et cette habitude devient de plus en plus ambiguë. Pourquoi ? La loi de la psychologie nous dit qu’une incohérence satisfait devient de plus en plus exigeante.
Quatrième étape : l’automatisme.
Que signifie l’automatisme d’un point de vue psychologique ? Cela veut dire que rechercher une satisfaction et trouver différents moyens de satisfaire ses besoins se met en mouvement tout seul, anticipe même la décision, précède la conscience. Nous découvrons en nous un élément qui nous pousse à agir, même contre notre volonté. Il est à la fois curieux et triste de constater que l’homme en question perd progressivement le plaisir d’avoir été satisfait.
La plupart des crises que les prêtres, les religieuses et les moines peuvent traverser naissent ainsi : une petite satisfaction, une ambiguïté des comportements, une habitude, un automatisme. Lorsqu’on arrive au stade de l’automatisme, la satisfaction éprouvée antérieurement ne laisse plus de trace, on désire quelque chose de plus, et c’est souvent un processus d’insatisfaction permanente.
Lorsqu’un homme est incohérent, c’est comme si une partie de sa personnalité était hypnotisée, endormie, paralysée. Il ne réagit plus – quand il lit la Parole de Dieu, il n’est plus en mesure d’éprouver d’émotion. Il n’est plus capable de se réjouir de ce qui est bon, beau ou vrai. Et les conséquences de ce processus mènent à une mort progressive.
Il est important de mettre des choses par écrit, les mots ont également leur importance. Il ne suffit pas de penser à nos incohérences d’une façon générale, il faut aussi faire humblement des exercices par écrit. Pourquoi ? Parce que lorsque nous écrivons, nous concrétisons notre pensée. Lorsque nous choisissons des mots pour exprimer notre incohérence, nous nous obligeons à être précis. Ecrire est la forme supérieure de la pensée. C’est une forme d’ascèse.
Quelles sont les conséquences d’une incohérence ? Dans la plupart des cas, une incohérence provoque des déformations dans la façon de voir et d’interpréter la réalité. Notre esprit n’interprète plus la réalité en accord avec son véritable sens, mais il lui donne un sens erroné, non conforme à la vérité, imposé par son incohérence.
L’esprit déforme la réalité. Ce ne sont seulement les malades mentaux, ou les personnes souffrant de schizophrénie ou de démence, qui déforment la réalité ; l’homme prétendu « normal » risque aussi de voir la réalité d’une façon déformée. Par conséquent, il interprètera faussement la réalité, et cela se fera dans quatre directions : déformation de l’identité propre, déformation de la vision de Dieu, déformation concernant les autres, déformation concernant les idéaux de la vie.
2.    L’entraînement de Paul
« Je meurtris mon corps et le traîne en esclavage, de peur qu’après avoir servi de héraut pour les autres, je ne sois moi-même disqualifié » (1 Co 9, 27).
Le parcours de l’athlète, comme celui de tout apôtre, est parsemé d’applaudissement et de persécutions, d’honneur et d’ignominie, de mauvaise et bonne réputation (2 Co 6, 8). Il faut donc une discipline de fer pour parvenir à la maîtrise de soi (cfr. Ac 24, 25 ; Ga 5, 23), pour ne pas se laisser abattre par l’adversité ni griser (enivrer) par le succès. 
L’athlète ne commence pas sa course sans s’y être préparé consciencieusement. Cette préparation comporte différents aspects qui ont pour objectif de le discipliner, tant physiquement que mentalement. Sans cette discipline, il est voué à l’échec et, pire encore, met en grand danger l’œuvre de Dieu. Il faut donc se préparer à tous points de vue pour accomplir la mission. Celle-ci est si grande et si importante qu’elle exige une préparation à tous les aspects de la vie humaine : physique et culturel, maturité psychologique, dimensions pastorale et spirituelle.
2.1.    Préparation physique et régime alimentaire.
Dans la préparation physique il est important d’accorder beaucoup d’attention à l’alimentation. Tout athlète suit un régime alimentaire approprié, car sa condition physique en dépend considérablement. Ce régime exige de manger certaines choses, mais aussi de se priver des aliments nuisibles. Quand je regarde Ronaldo, le grand jouer brésilien, je vois une grande différence entre le moment qu’il jouait au football et maintenant qu’il a arrêté de jouer. Quand il jouait, il avait un très bon poids, mais maintenant, il doit peser plus de 100 Kg. Un autre joueur qui était impressionnant mais qui n’a pas duré, c’est Ronaldhino. Il fallait le voir jouer. Il avait toutes les qualités et les techniques d’un bon joueur. Il n’a pas duré à cause de l’indiscipline. Il aimait beaucoup les boîtes de nuit. 
Dans les ateliers sur le développement humain intégral, nous avons l’habitude de poser quelques questions simples aux participants :
-    As-tu un programme personnel pour ta forme physique ?
-    Fais-tu suffisamment d’exercices physiques ? (Oh, j’ai sacrifié beaucoup de choses dans ma vie, je dois boire beaucoup et manger beaucoup…)
-    Connais-tu les signes précurseurs de la fatigue mentale et du stress émotionnel ?
-    Ta quantité de consommation d’alcool par jour ?
-    Ta taille et ton poids ?
-    Le temps de sommeil ?  

2.1.1.    Nourriture : la prière : en communion avec le Seigneur
Si la force d’un athlète repose sur son régime alimentaire, la source d’énergie d’un apôtre, c’est la prière (Ep 6, 17-18 ; Col 4, 2-3) qui le relie à la puissance salvifique. La prière et l’apostolat constituent un binôme indissoluble. Prétendre évangéliser sans une solide vie de prière revient à combattre dans le vide.
Il ne s’agit  toutefois pas de la prière en tant que telle mais de la façon de prier. Comme tout pharisien pieux, Saul priait trois fois par jour. Après Damas, il ne se concentre plus sur le temps passé à prier mais sur la manière de prier. La prière va devenir pour lui un style de vie. Voilà ce qu’il veut dire quand il s’écrie : « La Christ est ma vie et la mort m’est un gain » (Ph 1, 21). Maintenant, il n’est plus le champion d’une cause, fut-elle religieuse. Vivre, pour lui, c’est être en communion avec le Christ, et continuer à se laisser façonner par lui, et si la mort est pour lui un gain, ce n’est plus comme un héros antique se sacrifiant pour ses convictions, mais parce qu’il sait qu’alors cette « sculpture » sera enfin achevée. Pour Paul, la prière n’est une charge ni une obligation, ni même un exercice religieux, mais bien un style de vie, une respiration de son âme : une rencontre personnelle et une communion avec son Sauveur et Seigneur.

Si la prière est pour l’Apôtre Paul un Style de vie, elle n’est pas uniforme. Bien au contraire. S’il demande aux Ephésiens de faire « en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications »(Ep 6,8), c’est qu’il connait l’infinité de formes différentes que la prière peut prendre : elle ne saurait jamais être rigide ou stéréotypée, puisqu’elle est relation, communion, dialogue avec le Père céleste. Elle peut donc prendre toutes les formes possibles d’un dialogue entre un fils ou une fille et son père : elle est remerciement ou demande, écoute ou supplications, elle peut s’exprimer par des chants ou des simples balbutiements, elle dit ses joies ou ses peines comme ses pourquoi ou ses révoltes.
Parmi toutes les formes de prières que Paul a pratiquées et qu’il recommande, il en est surtout trois qui apparaissent dans ses Epîtres :

L’action de grâce
A part l’épître aux Galates – et ceci pour des raisons bien compréhensibles, car la crise entre les Galates et Paul était trop grave -, toutes les épîtres adressées à des Eglises commencent par une action de grâce (Rm 1,8 ; 1 Co 1,4 ; 2 Co 1,3 ; Ep 1,16 ; Ph 1,3 ; Col 1,3 ; 1Th 1,2 ; 2 Th 1,3)
Aux Romains par exemple : «  Je rends d’abord grâce à Dieu par Jésus-Christ, au sujet de vous tous ». Aux Corinthiens, avec qui pourtant il a eu tant de problèmes, qui l’avaient accusé de ne pas être un véritable Apôtre, et chez qui il y avait des divisions, des désordres et l’immoralité, il commence aussi par dire : « Je rends  à mon Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet ». Car il garde confiance que, malgré toutes les difficultés, Dieu reste souverain, et que son œuvre accomplie chez les Corinthiens, malgré toutes les infidélités et les bavures, est authentique et demeurera. Sa confiance en l’amour et la puissance de Dieu est plus grande que les sujets de découragement qu’il rencontre, et les attaques dont il est l’objet.
Aux Philippiens, dans cette lettre qu’il écrit depuis sa prison, alors qu’il est seul, sans personne pour partager ses sentiments (Ph 2,20) et qu’il connait des moments de grande tristesse et de profonde inquiétude (Ph 2,25-28), il dit aussi : « Je rends grâces à mon Dieu de tout le souvenir que je garde de vous » (Ph 1,3). Sa reconnaissance est même telle que cette épître a souvent été appelée « l’épître de la joie ». Là encore il sait, et il en fait l’expérience tous les jours dans son cachot, que la présence de Dieu demeure et que rien ni personne ne peut la lui enlever. On peut lui pendre sa liberté et tous ses biens, on peut même lui enlever la présence de ses amis, mais pas celle de son Sauveur. Et pour lui, malgré ses privations et ses tristesses, cela reste une inépuisable source de joie et de reconnaissance.

La demande
Elle est constante chez Paul et elle couvre tous les domaines de la vie. Son intercession est à la fois générale et particulière. Il prie d’abord pour l’ensemble de l’Eglise, pour qu’un travail d’approfondissement et de sanctification se poursuive : «  Ce que je demande dans mes prières, c’est que votre amour abonde de plus en plus en connaissance et en vraie sensibilité ; qu’ainsi vous sachiez apprécier ce qui est important, afin d’être sincères et irréprochables pour le jour du Christ » (Ph 6, 9-10). Cette vision d’une prière en vue de la venue du Royaume de Dieu est à souligner, elle est constante chez l’Apôtre, elle est aussi le moteur de la sanctification. .Le souci de Paul, ce n’est pas seulement que l’Eglise progresse et grandisse, mais qu’elle soit signe du Royaume de Dieu, et prépare la venue de Jésus.
Mais Paul prie aussi pour des problèmes concrets et très personnels : « J’exhorte Evodie et j’exhorte Syntyche à avoir une même pensée dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te demande de les aider, elles qui ont combattu côte à côte avec moi pour l’Evangile » (Ph 4,2).
Nos prières doivent toujours avoir comme but ultime la maturité spirituelle des gens. Un cœur de pasteur intercède avec persévérance, comme Paul, mais aussi comme lui, s’efface pour laisser les gens directement en cœur à cœur avec Jésus-Christ.

La prière comme arme
Plusieurs fois, dans ses épîtres, Paul parle de la prière comme d’un combat :

Je vous exhorte, frères, par notre seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur… (Rm 15, 30).
Sous la plume de l’Apôtre, ce n’est pas une figure de style, ni une manière de s’exprimer de l’époque : il sait que nous avons un ennemi qui vet nous détourner de Dieu et des frères, et même de nous-mêmes, en nous enfermant dans le doute et culpabilité, car il est l’accusateur des frères : « Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les pouvoirs, contre les dominateurs des ténèbres d’ici-bas, contre les esprits du mal dans les lieux célestes » (Ep 6, 10-20). 
Et l’arme ultime, c’est la prière, comme il le dit lui-même.
Prier, c’est donc aussi s’opposer à l’œuvre du menteur et du meurtrier. C’est proclamer la victoire du Christ, et  interdire à l’ennemi de faire son œuvre de destruction. C’est aussi, avec le discernement de l’Esprit, opérer des délivrances spirituelles en faveur de tous ceux qui sont oppressés. Paul est un vrai pasteur, car sa prière est à la fois action de grâces à Dieu, intercession pour les frères et combat contre l’Ennemi.
Pourtant, si Paul a beaucoup prié et s’il e parle souvent, ce ne fut pas forcément quelque chose de facile pour lui. Quel a donc été le secret de sa vie de prière ? Il le dit lui-même : « L’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables… (Rm 8,26).
La prière est donc avant tout un don de l’Esprit : c’est dans l’écoute et l’accueil de l’Esprit que nous pouvons découvrir à la fois la beauté et la puissance de la prière. C’est ce que Paul rappelle aux Ephésiens : « Priez en tout temps par l’Esprit » (Ep 6,18). 

Aussi Paul recommande-t-il aux siens : « Soyez assidus à la prière » (Rm 12,12), « priez sans cesse » (1 Th 5,17), « que la prière vous tienne vigilants, dans l’action de grâce » (Col 4,2).
-    Ai-je un programme personnel de prière ? (prière du temps présent, méditation, lectio divina, préparation de l’homélie)
-    La place du sacrement de pénitence 
-    Ai-je un programme pour ma croissance spirituelle ?
-    Suis-je en train de lire quel livre spirituel ?
-    Ai-je un accompagnateur spirituel ?
Dans la prière, dans le silence, il est possible de discerner, à la lumière de l’Esprit, les chemins de sainteté que le Seigneur nous propose. Autrement, toutes nos décisions ne pourront être que des « décorations » qui, au lieu d’exalter l’Evangile dans nos vies, le recouvriront ou l’étoufferont. Pour tout disciple, il est indispensable d’être avec le Maître, de l’écouter, d’apprendre de lui, d’apprendre toujours. Si nous ne l’écoutons pas, toutes nos paroles ne seront que du bruit qui ne sert à rien.
C’est la prière qui définit le style essentiel du sacerdoce ; sans elle, ce style se déforme. La prière nous aide à retrouver toujours la lumière qui nous a conduits dès le commencement de notre vie sacerdotale, et qui nous conduit continuellement, même si parfois elle semble se perdre dans l’obscurité. 
La prière nous permet de nous convertir sans cesse, de demeurer toujours tendu vers Dieu, ce qui est indispensable si nous voulons conduire les autres vers Lui. La prière nous aide à croire, à espérer et à aimer, même quand notre faiblesse humaine y fait obstacle.

2.1.2.    Privation : le péché
Tout athlète se prive de tout (1 Co 9, 25).
Si le sportif se nourrit très soigneusement, il doit également renoncer aux aliments qui lui sont nuisibles. L’apôtre, pour sa part, doit s’abstenir du péché pour pouvoir courir avec légèreté.

Nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec constance l’épreuve… (He 12,1).

Le pire ennemi de l’évangélisateur est son péché. De même que tout péché regretté et pardonné peut être un grand témoignage pour tous les autres, vivre en état de péché peut discréditer son ministère. Pécher gravement serait comme essayer de courir en portant une pierre de 100 kg, ou encore cheminer sa vie entière avec un caillou dans la chaussure.
Esprit de Dieu ou esprit du mal ? Dans ce domaine plus que dans d’autres, rien n’est clair d’emblée. Chacun est confronté à un rude combat spirituel à mener et à un discernement subtil des esprits à opérer. Si la science de guérir les corps est estimée très difficile, combien doit-il être plus difficile de discerner les mouvements intérieurs de notre âme ? disait le Cardinal Giovanni BONA.
Nous sommes constamment appelés à poser des choix et, pour cela, à discerner.
Il est important de reconnaitre que nous avons en nous des ennemis de la maturité humaine et que nous devons les combattre et les vaincre. Se croire parfait ou presque parfait est par contre un signe clair d’immaturité. A ce propos, il existe une page dans la littérature chrétienne qui peut nous illuminer et nous aider à découvrir nos propres ennemis afin de réaliser en nous l’homme mature proposé par notre Seigneur. Les exemples de comment nous pouvons nous détruire nous-mêmes :
-    Lorsque nous arrêtons de marcher selon les critères de la foi et du bon sens.
-    Nier le danger évident et de marcher volontairement vers lui
-    Lorsque nous arrêtons de penser à la vie éternelle
-    L’indulgence avec nous-mêmes par rapport à ce qui est interdit
-    Les ressentiments et la rancune
-    Faire des choses que nous savons positivement qu’elles nous font mal. En psychologie ce phénomène s’appelle « agression passive ».

Lors de notre récollection du mois de décembre 2025, j’avais parlé de «  fuir la médiocrité », en d’autres termes, fuir la frivolité spirituelle, la mondanité spirituelle. 
Oui, il est important que les prêtres fuient la médiocrité dans leur vie. Nous n’avons pas reçu l’ordination pour être fades et sombres. Nous sommes le sel et la lumière (Mt 5, 13-14). Jésus, par ces paroles, dévoile l’identité de ses disciples. Si le sel perd sa saveur et si la lumière est cachée, alors la médiocrité s’installe dans nos vies. On perd le goût et on ne rayonne pas. Notre vocation et notre mission ne sont pas dans cette voie. Il faut une certaine refondation de la vie sacerdotale. 
La médiocrité spirituelle est un état de tiédeur, d’indifférence ou de paresse dans la voie de la foi, caractérisée par un manque de désir de se dépasser et une conformité au « statu quo ». Elle se manifeste par une pratique superficielle, un manque de vision et une stagnation, s’opposant à l’excellence spirituelle. C’est un blocage qui freine la croissance intérieure et la ferveur.
Caractéristiques et dangers :
-    Tiédeur : Ni froid ni chaud, se contenter du minimum dans sa relation avec Dieu.
-    Manque de passion : Agir par habitude plutôt que par amour ou conviction.
-    Superficialité : Vie de prière inconsistante ou vide de sens.
-    « Démons éduqués » : Pape François souligne que la médiocrité laisse place à des péchés subtils et sophistiqués.

Causes et conséquences :
-    La paresse spirituelle, le laisser-aller, ou vie centrée sur soi.
-    Le refus de se laisser transformer ou de se sacrifier. 
-    Elle éteint la joie intérieure et empêche d’éclairer les autres.
Remèdes : Combat, vigilance et discernement.
La vie chrétienne est un combat permanent. Il faut de la force et du courage pour résister aux tentations du diable et annoncer l’Evangile. Il ne s’agit pas seulement d’un combat contre le monde et la mentalité mondaine qui nous trompe et fait de nous des médiocres dépourvus d’engagement et sans joie. Il ne réduit pas non plus à une lutte contre sa propre fragilité et contre ses propres inclinations. C’est aussi une lutte permanente contre le diable qui est le prince du mal. La Parole de Dieu nous invite clairement à « résister aux manœuvres du diable » (Ep 6,11) et à éteindre « tous les traits enflammés du Mauvais » (Ep 6, 16). Ce ne sont pas des paroles romantiques, car notre chemin vers la sainteté est aussi une lutte constante. Celui qui ne veut pas le reconnaitre se trouvera exposé à l’échec ou à la médiocrité. Nous avons pour le combat les armes puissantes que le Seigneur nous donne : la foi qui s’exprime dans la prière, la méditation de la parole de Dieu, la célébration de la Messe, l’adoration eucharistique, la réconciliation sacramentelle, les œuvres de charité, la vie communautaire et l’engagement missionnaire. Sur ce chemin, le progrès du bien, la maturation spirituelle et la croissance de l’amour sont les meilleurs contrepoids au mal. Personne ne résiste s’il reste au point mort, s’il se contente de peu, s’il cesse de rêver de faire au Seigneur un don de soi plus généreux.
Le chemin de la sainteté est une source de paix et de joie que nous offre l’Esprit, mais en même temps il demande que nous soyons avec les lampes allumées (Lc 12,35) et que nous restions attentifs : « Gardez-vous de toute espèce de mal » (1 Th 5,22). « Veillez donc » (Mt 24,42 ; Mc 13, 35). Car ceux qui ont le sentiment qu’ils ne commettent pas de fautes graves contre la Loi de Dieu peuvent tomber dans une sorte d’étourdissement ou de torpeur. Comme ils ne trouvent rien de grave à se reprocher, ils ne perçoivent pas cette tiédeur qui peu à peu s’empare de leur vie spirituelle et ils finissent par se débiliter et se corrompre.
La corruption spirituelle est pire que la chute d’un pécheur, car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’auto-référentialité, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2 Co 11,14).
Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle. Aujourd’hui, l’aptitude au discernement est redevenue particulièrement nécessaire. En effet, la vie actuelle offre d’énormes possibilités d’actions et de distractions et le monde les présente comme si elles étaient toutes valables et bonnes. Sans la sagesse du discernement, nous pouvons devenir facilement des marionnettes à la merci des tendances du monde.

2.1.3.    Soins physiques
Paul est conscient que son corps doit être suffisamment préparé et apte pour accomplir la mission qui lui incombe. Aussi affirme-t-il :

Je meurtris mon corps et le traine en esclavage (1 Co 9, 27).

Il ne s’agit pas d’une simple mortification pour faire taire les cris des passions, car cela n’est pas productif (Col 2,23), mais de soumettre son corps à la mission qui lui a été confiée, puisque le corps doit aussi collaborer à cette entreprise.
Le corps, qui est enclin au péché (Rm 7, 21-25), est vulnérable aux concupiscences de la chair, il faut donc le maintenir sous le contrôle de l’Esprit, par la discipline et l’effort (Col 3,5). Un ministre de la croix du christ ne peut pas s’accorder tous les plaisirs ni vivre selon la loi du moindre effort. Au contraire, il doit toujours être au service au service des valeurs suprêmes. Paul ne vit pas pour le corps ; c’est le corps qui est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps (1 Co 6, 13).

Pour gagner en liberté, donc en joie, il faut apprendre à briser les chaînes de notre esclavage intérieur. Car, bien souvent, nous sommes d’abord esclaves de nous-mêmes, et savoir cela est un antidote à la victimisation.
La plus grande servitude, celle qui plonge dans la plus grande peine, c’est la servitude à l’égard de nos propres passions. Rien n’est plus important que d’accomplir ce patient travail sur nous-mêmes : nous affranchir de nos tyrans intérieurs, non seulement pour parvenir à la joie mais aussi pour améliorer le monde.
La servitude de l’homme réside dans une mauvaise orientation de ses désirs. Il est triste, malheureux et impuissant, car ses désirs sont orientés vers les objets qui diminuent sa puissance au lieu de l’augmenter. Dès lors, le processus de libération, qui permet de passer de la tristesse et des joies passives aux seules joies actives, ne consiste pas à réprimer ou à supprimer les désirs, mais à reconnaitre ce qui est bon et ce qui est mauvais pour nous, afin de réorienter nos désirs vers des objets qui nous élèvent.
Nous en faisons tous l’expérience : plus on se libère de ce qui aliène, plus on est joyeux. Plus on se libère de ce qui aliène, plus on devient léger. La véritable révolution est intérieure. 

Libre de cœur. 
Si être libre signifie pouvoir se réaliser selon sa vérité, alors la liberté affective veut dire aimer ce que l’on est (le moi actuel) et ce que l’on est appelé à être (me moi idéal). Autrement dit, il ne suffit pas de réaliser son projet de vocation, car on pourrait le réaliser uniquement par force comme un soldat qui suit les ordres. Il est aussi nécessaire de se sentir attiré par ce projet, d’en comprendre la bonté intrinsèque au point d’en être conquis.
Le prêtre n’est pas rendu libre parce que Dieu l’appelle et qu’il se consacre à Lui, ou parce qu’il accomplit un acte méritoire de philanthropie, ou encore parce que cela lui plaît, mais parce qu’il découvre de plus en plus la beauté, la vérité, la bonté objective de la proposition. Tout en percevant la difficulté de ce consentement, il décide d’accueillir l’invitation, parce que la fascination qui l’attire est plus forte que la résistance qu’il éprouve. Le prêtre est libre, lorsqu’il se laisse attirer par ce qui est vrai, beau et bon, et qui de ce fait lui révèle la vérité de son être en donnant de la beauté à sa vie et de la bonté à ses actions. La liberté donne des ailes et rend tout plus simple et plus facile, même les obligations les plus pénibles.
A la base de la liberté, il y a donc la vérité. Sans vérité, il n’existe pas de liberté. Comme le dit Jésus, c’est la vérité qui rend libre (Jn 8,32). La liberté affective est donc aussi une vérité aimée et réalisée, ou encore un amour intelligent et volontaire qui rend la personne libre de cœur.

La liberté affective 
Le prêtre doit d’abord découvrir quels sont ses esclavages, c’est-à-dire identifier ce qui le rend esclave et s’oppose à sa vérité, ce qui le trompe avec les illusions de bonheur et qui ne peut pas le contenter parce que ce n’est pas sa vérité ni ce qu’il est appelé à être.
Le problème de fond consiste à se demander et à comprendre quelle est sa propre vérité. Elle est forcément liée à la vocation et, pour nous prêtres, à notre état de consécration. C’est là que se trouve notre vérité, une vérité à croire et à aimer, une vérité à choisir et à réaliser. Ce qui éloigne le prêtre de cette vérité est l’ennemi de son bonheur et ne l’aide pas à se réaliser dans la liberté, mais au contraire le rend esclave.
Il est important que le prêtre puisse comprendre ce que signifie la liberté affective et son fondement dans la vérité, au niveau de la réflexion, des modes de penser et de concevoir la relation interpersonnelle.

« La liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais dans le droit de faire ce que l’on doit » (Saint Jean-Paul II, dans l’homélie de la messe avec les jeunes durant un voyage à Baltimore (USA).

Et il n’y a qu’une chose que le prêtre « doit » faire : la vérité et sa vérité. A partir de cette vérité qui vient de Dieu, et autour d’elle, il peut intégrer toute sa vie et chacune de ses affections. Alors il sera vraiment libre et heureux : 

« Connaissez la vérité, contemplez sa beauté, tombez amoureux d’elle, agissez en conformité : le Bien Aimé par intelligence vous conduira au vrai bonheur », dit Rosmini.

Comme la liberté ne consiste pas à faire ce qui me plaît, mais ce qui plaît à Dieu, la liberté affective consiste à trouver la paix et la joie en ce qui plaît à Dieu, et qui pour cela me plaira toujours davantage.

La liberté affective récupère la dimension subjective (ce qui me plaît) en « l’évangélisant » à la lumière de la dimension objective (ce qui plaît à Dieu) : c’est une évangélisation des sentiments. Se consacrer à Dieu, de ce point de vue, consiste à s’en remettre totalement à lui pour éprouver toujours plus les goûts et les désirs de Dieu qui libèrent et dépassent la pauvre mesure humaine. Il y a une fameuse chanson en Ciluba : « Undi mupungile dinanga dianyi udi umue ».

Il y a encore un pas décisif et important à faire : délaisser la servitude des comportements qui conduisent à l’esclavage et choisir un style de vie en accord avec la vérité de son projet idéal.
La liberté affective ne s’arrête pas qu’aux sentiments et aux attractions. Comme tout projet de conversion, elle demande un changement concret dans les comportements et les attitudes, dans les critères et dans les motivations. La liberté ne peut être goûtée que si elle est expérimentée, elle ne peut advenir que si la volonté décide de changer en adoptant de nouveaux styles de vie. 
Nous sommes alors amenés à nous poser une autre question. 
Existe-t-il, pour un prêtre, une manière particulière d’instaurer des relations, d’aimer et d’exprimer son affection, d’établir et de gérer des rapports, d’apprécier la présence des autres et de partager les joies et les peines, de rechercher la compagnie et de se laisser trouver… ?
Alors cette première question en amène d’autres. La prêtre est-il un homme de relation ou doit-il se garder des relations ? Doit-il établir beaucoup de contacts ou doit-il se garder des relations ? Doit-il établir beaucoup de contacts ou doit-il avoir une attitude réservée et prudente ? Doit-il se montrer l’ami de tous ou se préoccuper de se défendre et de défendre sa « vertu » contre les tentateurs (-trices) éventuels ? Doit-il conserver et garder jalousement sa chasteté comme « talent » de l’évangile, ou est-il tenu de le faire fructifier ?

Le style
La liberté affective signifie aimer ce que l’on est et ce que l’on est appelé à être. La remise totale de soi à in idéal de vie conduit normalement à le reproduire en soi pour vivre et aimer selon sa logique et son influence, en se laissant inspirer et déterminer par cet idéal. Nous pouvons maintenant reprendre le concept de liberté affective et le compléter en disant que la liberté de cœur conduit à aimer sa vocation et selon sa vocation.
Chaque être humain est appelé à aimer dans un style qui lui est propre selon son projet de vocation, et surtout sans chercher à copier des modes et des gestes qui appartiennent à d’autres projets de vie, sous peine d’obtenir des résultats maladroits ou ridicules
Le prêtre doit être ouvert. Il n’est pas le célibataire misogyne, un peu « ours », de celui qui fuit les relations parce qu’elles lui sont pénibles.
Un prêtre qui veut paraître moderne et sans inhibitions, qui joue avec les sentiments des autres et envoie des messages ambigus, ne fera peut-être pas de gros péchés, mais il ne transmettra pas non plus la beauté d’appartenir à Dieu seul. Ce qui est certain, c’est que ce prêtre n’est ni moderne ni même sans inhibitions. Il exprime seulement la confusion qui est en lui

3.    Préparation psychologique : une mentalité de vainqueur.
La préparation physique n’est pas tout ; l’essentiel, c’est la discipline mentale. Si l’athlète ne s’est pas préparé psychologiquement aux difficultés et aux contingences de la course, il ne pourra jamais atteindre le but. L’apôtre, lui aussi, doit renouveler son jugement pour discerner quelle la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait (Rm 12, 2).

« En tout cela nous sommes les grands vainqueurs… » (Rm 8,37)

Malgré les souffrances et les échecs, il se sait le grand vainqueur (Rm 8,37) qui prend sans cesse part au triomphe du Christ (2 Co 2, 14) et que rien ni personne ne pourra jamais séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ-Jésus (Rm 8, 38-39). La devise et le cri de guerre de ce soldat du Christ, devant les tribulations ou les difficultés diverses, se résument ainsi : Je puis tout en celui qui me rend fort (Ph 4,13).
Vaincre les problèmes n’est pas la seule manière de triompher. La foi nous certifie que Dieu écrit droit sur les lignes tordues. Aussi Paul déclare-t-il : Avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien (Rm 8,28).
La mentalité du vainqueur est l’une des caractéristiques de ceux qui triomphent.

La mentalité du vainqueur implique  une conviction solide : Pour être apôtre, il faut perdre quelque chose à cause de l’Evangile : du temps, de l’argent, la santé, le prestige et toutes sortes de confort. Paul décrit les obstacles qu’il a rencontrés : les attaques personnelles, les problèmes à cause de sa prédication, les problèmes civils à Philippes de Macédoine, les crises psychologiques (tribulations accompagnées de crainte, de peur et de timidité), attaques physiques, échecs pastoraux, la vocation mise en cause, dans ses voyages il dut affronter tous les climats, danger de mort chaque jour et à toute heure, une grande tristesse, l’écharde dans la chair…) 

La Persévérance
L’une des qualités essentielles de tout sportif est sa capacité de résistance tant durant les entrainements pénibles qu’à l’heure de la compétition. Pas question de faiblir ni d’abandonner en plein milieu de combat. Celui qui ne respecte pas cette condition ne peut même pas envisager de devenir un athlète, car la ténacité est à l’athlète ce que l’eau est au poisson.
La persévérance est le prix à payer pour obtenir la récompense des vainqueurs. L’inconstance, fille de la loi du moindre effort, est l’une des pires plaies de notre société hédoniste. Paul est persévérant dans sa tâche. Il possède une valeur absolue qui se trouve au-dessus des difficultés et des obstacles :

Pourvu que je mène à bonne fin ma course (Ac 20,24) 

Il conclut donc :

Quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne (Ph 3,16).

4.    Les règles de la course

L’athlète ne reçoit la couronne que s’il a lutté selon les règles (2 Tim 2, 5)
On n’accomplit pas une mission apostolique d’après ses propres idées ou ses goûts personnels. Pour ne pas risquer d’être disqualifié de la course, il faut respecter certaines règles préétablies. Ces règles ne sont pas des normes arbitraires ; bien au contraire, elles favorisent le respect et la loyauté afin de garantir l’égalité des chances pour tous.
Malheureusement, pour ce qui est de l’apostolat, certaines personnes se servent de l’Evangile ou se l’approprient. D’autres encore l’annoncent en recherchant leurs intérêts personnels (Ph 1, 15-17). Quiconque agit ainsi est automatiquement exclu de la course. Voyons maintenant ses trois lois principales : Kérygme, Charisme et Communauté.

 

 

 

 


4.1.    Annoncer l’unique Evangile et être évangile

L’unique Evangile ou l’anathème

Si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! (Ga 1,9)

Paul précise très clairement que l’on ne peut annoncer un évangile différent de celui qu’il a lui-même reçu, à savoir : Christ est mort pour nos péchés (1 Co 15,3), le salut est grâce (AC 20,24), et il n’y a qu’un seul médiateur entre dieu et les hommes (1 Tim 2,5). La Bonne Nouvelle, c’est la personne du Christ-Jésus. Cet Evangile est unique et pas même un ange venu du ciel n’est autorisé à le changer. Quiconque se risquerait à l’altérer mérite la pire malédiction qui soit : l’anathème (Ga 1, 8-9).

Il ne s’agit toutefois pas de tomber dans une vision réductrice de l’Evangile en le considérant uniquement comme un contenu. C’est aussi une action : instaurer le Règne de Dieu dans ce monde en œuvrant afin que tout ait le Christ pour tête (Ep 1,10).

Etre bonne nouvelle

Vous savez vous-mêmes de quelle façon…je n’ai cessé de me comporter avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes…Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne (Ac 20, 18-19 ; 33).
Pour être évangélisateur, il ne suffit pas de proclamer un message ni de témoigner de la mort et de la résurrection du Christ-Jésus uniquement. Il faut en même temps témoigner par sa propre vie, et donc croire ce que l’on annonce et vivre ce que l’on croit. Sinon, on court le terrible risque d’avoir annoncé à d’autres et d’être soi-même disqualifié avant de parvenir au but (1 Co 9,27). Si l’évangélisateur n’est pas lui-même évangile, bonne nouvelle pour le monde, son message perd toute crédibilité ; s’il ne vit pas ce qu’il proclame, personne ne croira ce qu’il dit.
Paul va jusqu’à dire : Montre-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ (1 Co 11,1), car la grâce de Dieu à mon égard n’a pas été stérile (1 Co 15, 10), de sorte que ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).

4.2.    Avec la puissance de l’Esprit

La transformation des cœurs (Ac 16,14) et la nouvelle créature sont les œuvres créatrices de Dieu par l’annonce de la Parole, qui a le pouvoir d’édifier le Royaume de Dieu.
La force pour prêcher avec conviction vient de l’Esprit qui permet à l’évangélisateur de prêcher avec assurance, courage et liberté, en s’appuyant sur la puissance intrinsèque de la Parole.
L’évangélisateur doit aussi vivre dans l’Esprit. Sa vie doit avoir les caractéristiques suivantes :
-    Il est mort au péché et vivant à Dieu dans le Christ-Jésus (Rm 6,11). Délivré du péché, il tourne le dos aux idoles qui supplantent Dieu.
-    Il se montre digne de l’Evangile de Christ (Ph 1,27), étant revêtu du Seigneur Jésus (Rm 13,14). Plus que cela, il pourra un jour arriver à dire : Ce n’est plus moi qui vit, mais c’est le Christ qui vit en moi (a 2, 20).
-    Il a l’attitude de « plus que vainqueur », grâce à l’amour de Dieu (Rm 8,37), avec l’espérance que tout est possible avec la force du Christ (Ph 4, 13). Aussi se réjouit-il toujours dans le Seigneur (Ph 4, 4) puisque tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu (Rm 8, 28).
-    Il est une créature nouvelle (2 Co 5,17). Tout ce qui est vieux a disparu et sa vie, et à cause de cela sa vie comme sa mort appartiennent au Seigneur (Rm 14, 8). Il est libéré du fardeau de toute condamnation qui pesait sur sa conscience, car il est désormais en paix avec Dieu (Rm 8, 1).
-    Il chemine dans l’Esprit, sans être débiteur de la chair, mais en vivant le salut dans l’espérance (Rm 8, 12 ; 24).
-    Il possède la liberté des enfants de Dieu, car le Christ nous a délivrés, afin que nous soyons libres (Ga 5,1 ; 6). Aussi la règle ultime de son comportement est la voix de sa propre conscience (Rm 14, 5), sans toutefois prendre comme prétexte la liberté glorieuse des enfants de Dieu pour satisfaire les désirs de la chair (Ga 5, 13) ni tomber dans le libertinage, car les œuvres de la chair s’oppose aux œuvres de l’Esprit (Ga 5, 17). La question est de savoir quel est l’Esprit qui m’habite ? Quel est l’Esprit qui me pousse à faire telle ou telle chose ? Quel est l’Esprit qui est à la base de toutes mes décisions ? Pour être vrai et authentique, il faut se laisser conduire par l’Esprit Saint.
-    Tout cela ne peut toutefois se vivre de manière isolée ou individuelle. Il faut rester dans l’unité de l’Esprit, dans un seul corps et un seul esprit, avec une seule foi et un seul baptême, un seul Dieu et un seul Seigneur, revêtu de l’amour et de la paix qui sont le lien de toute perfection (Ep 4, 5-6 ; Col 3, 14).
Ces signes montrent l’authenticité de la foi. Sans eux, la foi se réduirait à une idéologie ou à une formule magique.
4.3.    Communion du Père avec le Fils dans l’Esprit Saint (Communauté)

La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous (2 Co 13, 13).
L’Esprit nous pousse toujours à reproduire entre nous l’unité de la trinité. Le salut ne se réduit pas à un ticket permettant d’entrer dans un paradis lointain ; il est communion avec la vie de Dieu qui demande de vivre dans ce monde le royaume de Dieu, Règne de justice, paix et joie dans l’Esprit Saint (Rm 14, 17). Nous sommes le Corps du Christ (1 Co 12,27), dont les fondements sont les apôtres et les prophètes (Ep 2, 20), avec un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous (Ep 4, 5-6).
La communauté chrétienne est le milieu dans lequel nous vivons et montrons au monde que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, avec divers dons et ministères, en vue de la construction du Corps du Christ, au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet homme parfait, dans la force de l’âge, qui réalise la plénitude du christ (Ep 4, 12-13).

La communion s’effectue avec deux axes :

4.3.1.    Communion avec Céphas
Paul a été appelé à l’apostolat d’une manière anormale, et il dut souffrir ce stigmate sa vie durant. Dès le début, il est rejeté et laissé en dehors de la Tente de la communauté. Mais une fois réintégré à Antioche, et au commencement de ses voyages  apostoliques surtout, il doit trouver une solution afin que son apostolat contribue à l’unité de l’Eglise et ne crée pas une structure en marge de celle définie par son Fondateur.
Il  entreprend un voyage spécial de quinze jours à Jérusalem pour rendre visite à Céphas (Ga 1, 18).
Malgré sa rencontre personnelle avec Jésus (Ac 9, 3-9), bien qu’il ait reçu une mission céleste pour être la lumière des païens (Ac 13, 47), qu’il se permette même de s’opposer à Céphas à Antioche (Ga 2, 11), qu’il voyage dans le monde entier (1 Co 11, 26), qu’il accomplisse des miracles (2 Co 12, 12), qu’il écrive des lettres inspirées par l’Esprit Saint, même s’il a passé sa vie à annoncer Jésus, se dépensant plus que quiconque (1 Co 15, 10)… malgré tout cela, il monte à Jérusalem pour se soumettre à l’examen d’une assemblée synodale qui n’est pas plus apte que lui, culturellement, afin d’entendre s’il se trouve ou non sur la bonne voie, s’il doit continuer ou faire marche arrière…
Il reconnait et accepte l’ordre établi par Jésus lui-même et admet que rejeter les apôtres serait synonyme d’avoir couru pour rien (Ga 2, 2). Au lieu de partir sur un chemin indépendant ou d’abandonner la communauté chrétienne, il rejoint humblement les apôtres de Jérusalem.
Le fait que Paul reconnaisse le rôle de Pierre en l’appelant « Céphas », la pierre que Jésus a choisie pour bâtir son Eglise, est très significatif.

Jacques, Céphas et Jean nous tendirent la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion (Ga 2, 9).

Se donner la main signifie se mettre au service les uns des autres, chacun avec son charisme et son ministère, pour le bien de toute l’Eglise.

J’en profite aussi, dans notre cas, pour parler de la communion avec notre évêque. La tâche de l’évêque est de présider une Eglise locale, en tant que principe visible d’unité en son sein et lien de communion avec toutes les Eglises. L’affirmation du Concile, selon laquelle « par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’ordre » (LG 21), nous permet de comprendre l’identité de l’évêque dans la trame des relations sacramentelles avec le Christ et avec la « portion du peuple de Dieu » qui lui a été confiée, et qu’il est appelé à servir au nom du Christ Bon Pasteur. Les prêtres « constituent avec leur évêque, un seul presbyterium » (LG 28) et collaborent avec lui pour discerner les charismes et pour et guider l’Eglise locale, avec une attention particulière au service de l’unité. Ils sont appelés à vivre la fraternité presbytérale et à marcher ensemble dans le service pastoral. Le geste de l’imposition des mains, de par sa nature, crée une réelle communion entre les prêtres et avec leur évêque. L’obéissance n’est pas un attribut disciplinaire mais la caractéristique la plus forte des liens qui nous unissent dans la communion. Obéir, dans ce cas à l’évêque signifie apprendre à écouter et se rappeler que personne ne peut se dire détenteur de la volonté de Dieu. L’obéissance est donc l’écoute de la volonté de Dieu, discernée précisément dans une relation. L’évêque, quel qu’il soit, c’est un père, et il doit manifester cette proximité. L’évêque, reste pour chaque prêtre et pour chaque Eglise particulière un lien qui aide à discerner la volonté de Dieu. L’obéissance est le choix fondamental d’accueillir celui qui est mis devant nous comme le signe concret de ce sacrement universel de salut qu’est l’Eglise.
Cette obéissance peut aussi être confrontation, écoute et, dans certains cas, tension, qui ne rompt pas. Cela implique nécessairement que les prêtres prient pour les évêques et sachent exprimer leurs avis avec respect, courage et sincérité. Elle exige également des évêques humilité, capacité à écouter, à faire son autocritique et à sa laisser aider.


4.3.2.    Communauté avec les siens (communion)
Pour Paul, la communauté est bien le signe marquant l’instauration de Royaume, car l’amour de Dieu, répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, y apparait de manière tangible.

Pour que vivent les communautés qu’il fonde, Paul ne compte que sur la force de l’Evangile et sur sa passion pour le Christ, passion qu’il communique à ses collaborateurs. Dès le début de son ministère, il a toujours travaillé en équipe et dans la communion de l’ensemble des Eglises. A Antioche déjà, Paul fait partie d’un collège de cinq prophètes et docteurs dont il ne semble pas être le chef, puisqu’il est mentionné en dernier (Ac 13, 1-3). Et ce n’est pas lui qui décide de partir, c’est un ordre du Saint Esprit qui se manifeste au cours d’un culte communautaire.
Paul travaille d’abord l’unité de l’équipe et invite chaque membre à être disponible. Il n’est pas seulement un missionnaire pionnier, il veille à la bonne marche des Eglises, il s’inquiète  de ce qu’elles vivent et il va se donner les moyens pour qu’elles soient fortifiées. Pour cela, il répartit les tâches dans son équipe. Le ministère en équipe de Paul ne fera que se développer tout au long de sa vie. Ce ne sont pas moins de 66 collaborateurs et collaboratrices qui sont mentionnés dans les Actes et les Epîtres.
Certains, comme Timothée, Aquilas et Priscille, Tite, Luc, Aristarque sont des collaborateurs très proches que l’Apôtre mentionne souvent et qui parfois se déplacent avec lui. D’autres sont moins connus et ne sont mentionnés qu’en passant, à l’occasion de salutations comme en Romains 16, mais tous ont collaboré d’une manière ou d’une autre à son ministère et participé à ses souffrances.
Sur ces 66 collaborateurs, 11 en tout cas sont des femmes, ce qui est proprement révolutionnaire pour le monde antique, tant juif que grec, où la femme n’avait pas de responsabilités publiques. Et dire qu’on a accusé Paul d’être misogyne !

Il est certain que jamais l’Evangile ne se serait répandu aussi rapidement dans l’ensemble de l’empire s’il n’y avait pas eu de telles équipes ministérielles ! Et nous ne parlons là que des équipes de Paul, mais nous savons qu’il y en a eu d’autres puisque Barnabas et Marc en formèrent une quand ils se séparèrent de Paul.
Paul dirige ces équipes. Il n’a pas peur d’être le chef. Certes, ce sont toujours des équipes collégiales où chacun a sa place et son ministère, mais c’est quand même lui qui donne l’impulsion.

Dans son équipe, Paul sait discerner les charismes et les ministères de chacun. Il n’est pas un général qui donne des ordres à des soldats obéissant aveuglement. Mais les équipes qu’il dirige ne sont pas non plus des sociétés autogérées et formées d’individualistes impénitents.

Comment cela a-t-il pu fonctionner alors que les personnalités étaient fortes, les dangers constants, et les causes de conflit nombreuses, avec des équipiers venant d’horizons si divers ?

C’est que Paul est d’abord un serviteur – un esclave comme il aime à dire. Ce qu’il vaut par-dessus tout, c’est faire la volonté de son Maître.
Il partage avec ses collaborateurs ce qu’il reçoit de Dieu. Lors de la vision du Macédonien par exemple (Ac 16, 10), il en parle immédiatement avec ses équipiers et c’est avec eux qu’il prend une décision.

Paul est aussi frère parmi d’autres frères, attentifs à leurs conseils et leurs exhortations.  Il y a à la fois chez Paul cette autorité, cet esprit d’initiative et cette volonté de travailler en équipe, tout comme cette soumission aux frères, dans une dépendance commune au Saint-Esprit. Cette volonté d’être, lui et ses collaborateurs, à l’écoute de l’Esprit sonne comme un leitmotiv dans ses épîtres.

Il a un programme de formation très claire. Son programme de formation repose essentiellement sur l’aspect pratique de l’évangélisation : c’est uniquement en prêchant que l’on apprend à évangéliser. Son objectif était avant tout de former l’esprit évangélisateur de ses collaborateurs, dont le cœur palpiterait de zèle pour l’évangélisation, la passion d’évangéliser et l’obsession de l’Evangile.

Il définit le profil de l’apôtre :
-    Un père et mère qui, par l’Evangile, engendre des enfants dans le Christ-Jésus (1 Co 4,15 ; Ph 2, 22), avec la souffrance de celui qui met au monde (Ga 4,19 ; 1 Th 2,11), et qui entoure ses enfants de soins (1 Th 2,7).

-    Un pasteur qui veille à l’intégrité de son troupeau et les prévient des futurs dangers (Ac 20, 28 ; 1 Co 9,7).
-    Un ambassadeur qui a tout pouvoir et autorité afin de représenter et agir dans le nom de Jésus (2 Co 5,20 ; Ep 6,20).
-    Un cultivateur qui travaille la terre sainte appartenant à Dieu (2 Tim 2,6).
-    Un soldat qui ne s’encombre pas d’autres affaires car il n’a qu’un intérêt dans la vie et est capable de supporter toute fatigue (2 Tm 2, 3-4).
-    Un athlète qui lutte selon les règles établies (2 Tm 2, 5).
-    Un serviteur ou ministre, soumis à l’autorité dans le but de servir avec humilité (1 Co 5,3 ; 9,19).
-    Un coopérateur de Dieu qui travaille dans le même champ (1 Co 3,9).
-    Un témoin qui a personnellement fait l’expérience de la résurrection du Christ-Jésus (Ga 1,12) et n’est donc pas l’écho des rapports de ses correspondants (Ac 13, 31 ; 22,15 ; 26,16).
-    Un docteur (Ep 4,11 ; 1 Tim 2,11) qui propage la lumière de la vérité (Ga 2,5) et enseigne par sa propre vie.
-    Un architecte qui pose les fondements de l’édifice de la foi et en planifie la structure (1 Co 3,10).
-    Un héraut qui proclame les bonnes nouvelles (1 Tm 2,7 ; 2 Tm 1,11).
L’expérience du Synode peut aider les évêques, les prêtres et les diacres à redécouvrir la  coresponsabilité dans l’exercice de leur ministère qui requiert également la collaboration avec d’autres membres du peuple de Dieu. Une répartition plus articulée des tâches et des responsabilités, un discernement plus courageux de ce qui appartient en propre au ministère ordonné et de ce qui peut et doit être délégué à d’autres, favorisera son exercice d’une manière spirituellement plus saine et pastoralement plus dynamique dans chacun de ses ordres. Cette perspective ne manquera pas d’avoir un impact sur les processus décisionnels  caractérisés par un style plus clairement synodal. Elle contribuera également à vaincre le cléricalisme, entendu comme l’utilisation du pouvoir à son propre profit et la distorsion de l’autorité de l’Eglise qui est au service du peuple de Dieu. Les fidèles laïcs, hommes et femmes, doivent se voir offrir davantage de possibilités de participation, en explorant également d’autres formes de service et de ministères en réponse aux besoins pastoraux de notre temps, dans un esprit de collaboration et de coresponsabilité différenciée.
La communion ou la proximité entre les prêtres. Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans l’ordre du presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle. Le lien n’est pas juste affectif et formel mais sacramentel. Ce lien est la communion. La fraternité, c’est choisir délibérément de chercher à être saint avec les autres. Les notes de la fraternité sont celles de l’amour (1 Co, 13). Il est nécessaire et urgent d’apprendre les attitudes suivantes :
-    La capacité de se sentir responsable des autres.
-    Porter les fardeaux des autres.
-    Souffrir avec les autres
-    Se réjouir du succès des autres
-    Eviter de chercher son propre intérêt en détruisant les autres.
-    Eviter de s’attaquer à la dignité des autres par la calomnie, la médisance et les ragots.
Paul est sensible aux réalités concrètes. Ce n’est pas uniquement dans les questions fondamentales de la foi et de la vie de l’Eglise qu’on peut voir le cœur pastoral de Paul, mais aussi – et autant – dans sa manière de se préoccuper des besoins pratiques de ses correspondants ou de ses collaborateurs : il n’oublie jamais que les hommes auxquels il s’adresse sont faits de chair et de sang, vivant dans un monde difficile et qu’ils sont souvent en proie à de graves soucis. Il va donc s’intéresser à tous les problèmes de la vie humaine : l’argent, la santé, le travail, la politique, les relations sociales. Son message n’est pas que Révélation ; il est aussi incarnation.
L’argent
Paul va aborder à de nombreuses reprises le problème de l’argent. Tout au long de son ministère, l’appel à une solidarité financière et le souci des nécessiteux apparait (1 Co 16,1 ; 2 Co 8 et 9 ; Rm 15). Il le mentionne aussi aux Romains, car pour lui cela fait partie de la vie chrétienne. Pour Paul, la communion fraternelle s’incarne. Jusque dans les portemonnaies. Il ne supporte pas l’idée de voir ou de savoir que des frères et des sœurs dans la foi sont dans le besoin. Paul n’a pas seulement le souci du salut de leur âme, mais aussi du bien-être de leur corps. La solidarité financière était, pour Paul, l’occasion de montrer l’unité de l’Eglise. Pour Paul, la solidarité est un acte spirituel, un acte d’égalité, un acte de reconnaissance, un acte de consécration, un acte de foi, un acte de combat spirituel.
La santé
Paul montre aussi son cœur de pastoral par le souci qu’il a de la santé physique de ses collaborateurs Il conseille à Timothée de boire un peu de vin « à cause de ton estomac et tes fréquentes indispositions » (1 Tim 5,23). Il « estime nécessaire » d’envoyer Epaphrodite à Philippes après sa grave maladie, afin qu’il revoie ses parents et ses amis (Ph 2, 25-30).
Le travail
Paul a été un grand travailleur. Aussi bien intellectuellement ou spirituellement, que manuellement. Il peut même dire qu’il a travaillé plus que tous les autres Apôtres (1 Co 15,10). Il n’y avait pas chez lui de dichotomie entre le travail manuel et le travail intellectuel. C’était d’ailleurs une caractéristique des rabbins : ils devaient apprendre un métier qui puisse les faire vivre, car ils n’étaient pas payés. La dignité du travail, notamment manuel, était une des caractéristiques de la foi juive rappelée par ce proverbe : « Celui qui n’apprend pas à son fils à travailler, lui apprend à voler ». C’est pourquoi Paul reprend sévèrement ceux qui, à Thessalonique, refusaient de travailler, prétextant que le Seigneur allait venir bientôt (1 Th 4,10-11 et 2 Th 3, 11-14). Pour Paul, le travail fait partie de notre condition humaine, au même titre que le manger et le boire. Il est donc voulu par Dieu. Refuser de travailler pour des raisons prétendument spirituelles, c’est pour lui de l’illuminisme et du désordre.

 

 

 

 


CONCLUSION
Cette retraite était pour nous une occasion de mettre nos pas dans ceux de l’Athlète du Christ. Celui qui avait déclaré la guerre à Jésus de Nazareth, fut, soudain, jeté de cheval aux abords de Damas.
Comme tout vaincu, il dut payer le prix des perdants : remettre sa vie entre les mains de celui qui l’avait vaincu. A partir de ce moment il consacra sa vie à une nouvelle course : faire connaitre le salut gratuit de Dieu dans le Nom qui est au-dessus de tout nom. C’est ce qu’il fit, non pas contraint et à contrecœur, mais animé par l’immense amour de celui qui, en premier, avait donné sa vie pour lui et était mort à sa place sur le bois.
Paul à travers son parcours apparait comme un pasteur bien formé, transformé, sachant travailler en équipe, capable de gérer les conflits, sensibles aux réalités concrètes, cohérent, au cœur sensible, en communion avec le Seigneur, aux réflexions greffées sur la vie des Eglises.
Que l’exemple de ce soldat du Christ nous aide à renouveler notre amour pour le Christ et pour le peuple auquel nous sommes envoyés. 

                Père Jean-Claude KANKU KAZADI, cicm
                Curé de la Paroisse Saint Léonard / Tubondo
                MBUJIMAYI / R.D. CONGO
 

QUAND ON OUVRE LES YEUX ON VOIT

Qu'elles sont belles les cloches qu'on entend teintaient de l'autre côté de la montagne!  Parfois on pense que le meilleurr est ailleurs, l'excellence nous échappe, cependant en ouvrant les yeux et en regardant de plus près, on retrouve bien qu'on se leure car l'Eternel bénit tous les hommes, toutes les contrées. Les lignes ci-dessous nous ouvrent les yeux. Rendons gâce à Dieu pour chacun de nos dons, chacun de nos engagements. Monseigneur E. Bernard et la Propédeutique Abbé Pierre MUKENDI  ont honoré et remrcié l'Abbé François MUKENDI NSHINYIKI pour ses 20 ans au service de cette institution. 

Abbe francois mukendi

Abbe francois mukendi honoreAbbe francois mukendi avec mgr

 

 

PAIN DE VIE DU MERCREDI 15 AVRIL 2026

 

 

PAIN QUOTIDIEN 

MERCREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE PÂQUES, ANNÉE LITURGIQUE A (15 AVRIL 2026)

TEXTES: Ac 5, 17-26; Ps 33, 2-9; Jn 3, 16-21

Frères et sœurs, 
Dans la première lecture de ce mercredi les apôtres sont enfermés, mais Dieu les libère par son ange. La Parole de Dieu ne peut être enchaînée. Saint Jean Chrysostome l'affirme à sa manière: <<Ce n'est pas la prison qui retient les apôtres, mais leur mission qui les pousse dehors>>. Dieu n'est pas indifférent ; il délivre ceux qui se confient en lui.

Dans l'Évangile, nous entendons ce cœur de la foi: <<Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique>>. Saint Augustin commente: <<Dieu aime chacun comme s'il était seul à être aimé>>. Mais la lumière est venue, et certains préfèrent les ténèbres... Pourquoi ? Parce que la lumière dérange, elle révèle la vérité de nos œuvres.

Frères et sœurs, cette Parole nous interpelle: acceptons -nous de venir à la lumière ? Acceptons -nous que le Christ éclaire nos zones d'ombre ?

Demandons la grâce de vivre dans la vérité, sans peur. Car celui qui marche dans la lumière n'a rien à cacher : il devient libre, comme les apôtres, et sa vie rend témoignage à Dieu.

Amen.

Votre serviteur Abbé Alphonse Mathieu CITENGA MALANZA , curé de Dipumba

 Malanza jubilaire

PAIN DE VIE DU VENDREDI SAINT, VIGILE PASCAL ET JOUR DE LA RESURRECTION

L'Abbé Alphonse Mathieu CITENGA MALANZA nous livre dans les pj qui suivent les méditations  de la célébration de la Passion du vendredi saint, de la vigile pascale et du jour de la Résurrection. Nous lui disons merci et souhaitons bonne méditation et Joyeuse fête de Pâques à tous.

Vendredi saint 03 avril 2021Vendredi saint 03 avril 2021 (6.44 Ko)

Samedi saintSamedi saint (6.75 Ko)

PasakaPasaka (184.29 Ko)

SEMAINE SAINTE 2026 AU DIOCESE

 Mardi saint : Messe chrismale en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Bonzola à 9h30. Au cours de cette messe,  11 séminaristes et 1 religieux franci-trinitaire seront ordonnés diacres. Il s’agit nommément de :
1. Robert Cimanga ;
2. ⁠Ghislain Ilunga ;
3. ⁠Auguste Kayembe ;
4. ⁠Basile Mwamba ;
5. ⁠Jean-Baptiste Mpoyi ;
6. ⁠André Mbuyi ;
7. ⁠Baudouin Lukusa ;
8. ⁠Jérôme Cimanga ;
9. ⁠Germain Cyula ;
10. ⁠Ignace Kanangila ;
11. ⁠Thomas Ndaya ;
12. ⁠Fr Christian Mbwebwe.

Toujours au cours de cette messe, le Diacre Simon NGOYI sera ordonné Prêtre.
• Jeudi Saint : messe de la Cène du Seigneur présidée par l’Ordinaire du lieu en la Cathédrale Saint Jean-Baptiste de Bonzola à 16h30.
• Vendredi saint : Chemin de la Croix et Célébration de la Passion présidée par Monseigneur l’Evêque à Saint Lambert de Nyongolo à 15h30’.
• ⁠Samedi saint : Célébration de la Vigile pascale en la Cathédrale Saint Jean-Baptiste de Bonzola, à 22h00.
 

ENTREE DANS LA SEMAINE SAINTE PAR LE DIMANCHE DIT DES RAMEAUX

DIMANCHE DE L’ACCUEIL EN ROI ET DE LA  PASSION DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST

Mt 21,1-11 ;Is 50, 4-7; Ps 21; Ph 2, 6-11; Mt 26, 14 - 27,66

Frères et sœurs bien-aimés, aujourd'hui nous entrons dans la Semaine Sainte par une célébration paradoxale: nous commençons dans la joie avec les rameaux, en acclamant Jésus comme Roi, et nous terminons dans le silence et la gravité de sa Passion. Cette liturgie nous fait passer de l'enthousiasme à la tristesse, pour nous apprendre ce qu'est le vrai visage du Christ et du disciple.

 

-Le prophète Isaïe nous présente le Serviteur souffrant: <<Je n'ai pas résisté... j'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient>>. Les Pères de l'Église, comme saint Augustin, voient en ce serviteur l'image du Christ obéissant, qui ne répond pas à la violence par la violence, mais par l'abandon confiant en Dieu. 

Jésus ne subit pas la Passion, il l'accepte librement par amour: <<Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la

donne...>>. Jn 10,8
-Le psaume 21 (22) que nous avons chanté - <<Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?>> - est bouleversant. Saint Jérôme explique que Jésus reprend  ce cri non pas comme un désespoir, mais comme la prière de toute l'humanité blessée qu'il assume en lui. Sur la Croix, le Christ porte nos angoisses, nos souffrances, nos nuits intérieures.
-Saint Paul, dans sa lettre aux Philippiens, nous donne la clé de tout : <<Lui qui était dans la condition de Dieu...Il s'est abaissé>>.  Les Pères, comme saint Jean Chrysostome, s'émerveillent de cette<<Kénose>>, cet abaissement de Dieu. Le Christ ne sauve pas le monde par la puissance, mais par l'humilité. Voilà le chemin de Dieu: descendre pour relever l'homme.
-Et puis, nous avons entendu la longue Passion selon saint Matthieu. Elle est comme un miroir dans lequel chacun peut se reconnaître.
Il y a Judas, qui trahit pour l'argent. Il y a Pierre, qui renie par peur. Il y a les disciples, qui fuient.

Il y a Pilate, qui sait la vérité mais n'a pas le courage de la défendre. Il y a la foule, qui passe de <<Hosanna>> à <<Crucifie-le !>>.

Les Pères de l'Église nous avertissent: ne jugeons pas trop vite ces personnages, car ils sont aussi en nous. Combien de fois trahissons-nous le Christ par nos compromissions ? Combien de fois préférons -nous l'opinion des hommes à la vérité de Dieu ? 

Mais au cœur de cette Passion, il y a surtout Jésus. Silencieux devant ses accusateurs,  miséricordieux envers les pécheurs, fidèle jusqu'au bout. Même sur la Croix, il continue d'aimer.

Alors, que retenir pour notre vie ?

-D'abord, accueillir Jésus comme un roi... mais pas seulement avec des rameaux. L'accueillir dans notre cœur, dans nos choix, dans notre manière de vivre chaque jour. Car il ne suffit pas de chanter <<Hosanna>> aujourd'hui si demain nous vivons comme si Dieu n'existait pas.

-Ensuite, accepter de suivre le Christ sur le chemin de la Croix. La vie chrétienne n'est pas un chemin facile. Elle passe par le renoncement, le pardon, le service, parfois la souffrance. Mais c'est le chemin qui mène à la vie.

-Enfin, ne jamais perdre l'espérance. La Passion que nous contemplons  aujourd'hui n'est pas la fin de l'histoire. Elle ouvre à la Résurrection comme le dit saint Paul : <<C'est pourquoi Dieu l'a exalté>>. Après la Croix, il y a la gloire.

Frères et sœurs, en entrant dans cette Semaine Sainte, demandons la grâce de ne pas rester spectateurs de la Passion, mais d'y entrer avec foi. Marchons avec le Christ, non seulement avec des rameaux à la main, mais avec un cœur converti.
Et que la Vierge Marie, qui a suivi son Fils jusqu'à la Croix, nous apprenne à rester fidèles, même dans l'épreuve.

Amen. 

PAIN QUOTIDIEN DU VENDREDI 13 MARS 2026

Abbé Citenga Malanza

VENDREDI DE LA TROISIÈME SEMAINE DE CARÊME, ANNÉE LITURGIQUE A (13 MARS 2026)

TEXTES: Os 14, 2-10; Ps 80, 6-11.14.17; Mc 12, 28-34

Frères et sœurs, 
Dans la première lecture de ce jour, le prophète Osée transmet l'appel pressant de Dieu: <<Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu.>> La conversion n'est pas seulement regretter ses fautes, mais revenir vers Dieu avec un cœur sincère. Dieu promet alors: <<Je guérirai leur infidélité, je les aimerai d'un amour gratuit.>> Saint Augustin explique que Dieu ne se lasse jamais de pardonner: lorsque l'homme revient humblement, Dieu le relève avec plus d'amour encore.

Dans l'Évangile, Jésus résume la Loi en deux commandements: aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même. Selon Jean Chrysostome, ces deux commandements sont inséparables: on ne peut pas aimer Dieu que l'on ne voit pas si l'on n'aime pas le frère que l'on voit.

Le psaume 80 nous rappelle la plainte de Dieu: <<Si mon peuple m'ecoutait...>> Dieu veut nous combler, mais notre cœur se ferme souvent.

En ce temps de Carême, la Parole de Dieu nous appelle à trois attitudes: revenir vers Dieu avec un cœur repentant, aimer Dieu sincèrement, et manifester cet amour par la charité envers les autres, comme le disait Augustin: <<Aime, et fais ce que tu veux>>, car celui qui aime vraiment Dieu ne peut que faire le bien.

Amen.

PAIN QUOTIDIEN

Abbé Alphonse Mathieu CITENGA MALANZA, curé de St Mukasa au quartier Bena Dipumba à Mbujimayi,

met à notre disposition des méditations. Voilà celle d'aujourd'hui. Pour le suivre allez au forum whatsApp des prêtres de Mbujimayi.

JEUDI DE LA TROISIÈME SEMAINE DE CARÊME, ANNÉE LITURGIQUE A (12 MARS 2026) 

TEXTES: Jr 7, 23-28; Ps 94, 1-2.6-9; Lc 11, 14-23

Frères et sœurs, dans la première lecture, Dieu rappelle à son peuple l'essentiel: <<Écoutez ma voix, alors je serai votre Dieu.>> Mais le prophète constate avec tristesse que le peuple n'a pas écouté. Le problème n'est pas l'absence de la parole de Dieu, mais la fermeture du cœur.

Le psaume 94 reprend cet appel: <<Aujourd'hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.>> Le Carême est justement ce temps où Dieu nous invite à rouvrir notre cœur pour lui obéir.

Dans l'Évangile, Jésus libère un homme possédé. Pourtant certains refusent de reconnaître l'œuvre de Dieu et accusent Jésus d'agir par le démon. Leur cœur est tellement fermé qu'ils ne voient plus la vérité.

Saint Augustin explique que lorsque l'homme refuse la lumière de Dieu, il finit par appeler le bien mal et le mal bien. De son côté, Jean Chrysostome souligne que le Christ montre par ce miracle que le Royaume de Dieu est déjà à l'œuvre parmi nous.

Ainsi, Jésus conclut: <<Celui qui n'est pas avec moi est contre moi.>> Il n'y a pas de neutralité devant le Christ. Le Carême nous demande de choisir: écouter Dieu ou fermer notre cœur.

Demandons au Seigneur la grâce d'un cœur docile, afin qu'en écoutant sa voix aujourd'hui, nous marchions vraiment avec le Christ.

Amen.

Centenaire de la présence des Soeurs salésiennes au Congo

Nécrologie

Bonjour, Messieurs les Abbés.

Nous vous faisons part de la triste nouvelle du rappel à Dieu de la Sœur Thérèse Bilonda, Supérieure Générale des Sœurs Servantes de Béthanie. 
Son décès est survenu dans l’après-midi de ce 31.01.

Portons-la dans nos prières.

A. Yves CIMBALANGA,

secrétaire épiscopal

RESSOURCEMENT SPIRITUEL DES PRÊTRES: Récollection de l'Avent

Nous vous partageons le texte de la récollection des prêtres oeuvrant au Diocèse de Mbujimayi pour l'Avent 2025.

Bonne suite du temps de l'Avent, Bonne Fête de Noël  et Heureuse Nouvelle Année 2026 à tous .

RECOLLECTION DES PRETRES OEUVRANT AU  DIOCESE DE MBUJIMAYI

PAROISSE SAINT GERARD – BIPEMBA, LE 16 DECEMBRE 2025.

Excellence Monseigneur,

Messeigneurs les vicaires généraux,

Chers Confrères dans le sacerdoce (les aînés, les prêtres de ma génération et les jeunes)

C’est avec un cœur plein de joie que je me tiens devant vous, avec crainte et tremblement, pour ce partage fraternel. Un grand merci à l’Abbé Blaise KANDA qui m’a fait confiance. Il m’a laissé la liberté de choisir le thème de cette récollection.

                 NOUS TE CHOISISSONS COMME PRETRE

Voici le thème de notre récollection. Quelles sont les raisons qui m’ont poussé à choisir ce thème ? Elles sont multiples et complexes. Il me semble de plus en plus important de revisiter le rite de l’ordination sacerdotale.  L’ordination sacerdotale est un moment puissant de la vie personnelle et ecclésiale qui nous a marqué et qui nous marquera de manière indélébile. Cette visite nous permet de répondre aux questions : « D’où venons-nous ? », « Qui sommes-nous ? » et « Comment vivre et nous engager comme prêtre ». Il me semble opportun de faire mémoire de ce moment pour qu’il ne reste pas atrophié comme un rite lointain plus au moins étouffé désormais par les soucis de la vie pastorale.

Pour produire le texte que je vous propose aujourd’hui, j’ai consulté les documents suivants :

  • François Bustillo : La vocation du prêtre face aux crises : La fidélité créatrice.
  • Anselm GRUN : Petit traité de spiritualité au quotidien  
  • Cardinal Robert Sarah : Pour l’Eternité : Méditations sur la figure du prêtre.
  • Mes cours de Théologie Spirituelle I et II, donnés au Grand Séminaire Interdiocésain Christ-Roi de Malole à Kananga.
  • Mes cours de Grandes Théories en psychologie et Thérapie de groupe, donnés à la faculté de psychologie, sciences de l’éducation et gestion à l’Université Pédagogique de Kananga (UPKAN).

Le jour de l’ordination le prêtre a été présenté au début de la célébration par un autre prêtre, un formateur ou un accompagnateur. Il dit à l’évêque : « Père, la sainte Eglise vous présente son Fils et demande que vous l’ordonniez prêtre. L’évêque à son tour pose la question suivante : « Savez-vous s’il a des aptitudes requises ? » De quelles aptitudes s’agit-il dans cette question de l’évêque ? Les aptitudes intellectuelles, humaines, spirituelles, mystiques ? Le prêtre répond : « Les chrétiens qui le connaissent ont été consultés, et ceux à qui il appartient d’en juger ont donné leur avis. Aussi j’atteste qu’il a été jugé digne d’être ordonné. ». Quelle grande responsabilité monsieur l’abbé Blaise. L’évêque dit alors : « Avec l’aide du Seigneur Jésus Christ, notre Dieu et notre sauveur, nous le choisissons comme prêtre ». Ndibu, bibingu, tunkunduluila.

Qui est présenté devant l’évêque ? Un homme. Sans doute, il n’est pas parfait mais il a suivi un parcours de discernement, d’accompagnement et de formation. Il est là pour être ordonné. Pour recevoir l’onction. Et cette dernière laisse une trace indélébile en lui. C’est-à-dire ineffaçable. Cette onction doit être soignée et célébrée. Notre récollection va se focaliser autour de cela. En disant : « Nous te choisissons comme prêtre », l’évêque est convaincu que celui qui se tient là, est capable de soigner, d’entretenir, de protéger et de célébrer l’onction. Si nous ne la soignons pas, nous pouvons entendre la provocation de l’ange à l’Eglise d’Ephèse : « J’ai contre toi que tu as oublié ton premier amour (Ap 2,4).

Il se peut que dans notre vocation sacerdotale, à cause du temps, du rythme intense et du surmenage pastoral, des couches sombres (fatigues, échecs, frustrations, déceptions, conflits, ennuis…) couvrent notre fraîcheur des origines. Nous naviguons entre la pression et la dépression. En psychologie du travail on parle de burn out dû à l’excès de travail. Mais ces derniers temps nous entendons parler bore out (l’ennui au travail) et de brown out (le non-sens du travail. La fièvre du résultat est souvent psychotoxique. Nous pouvons entendre la provocation de l’ange à l’Eglise de Sardes : « Tu passes pour vivant mais tu es mort. Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je n’ai pas trouvé ta vie pleine au nom de mon Dieu » (Ap 3,1). Ou encore la provocation de l’ange à l’Eglise de Laodicée : « Je connais ta conduite : tu n’es ni froid ni chaud » (Ap 3,15). Il y a aussi la maladie d’ « Alzeimer  spirituelle », c’est-à-dire l’oubli de « l’histoire du salut », de l’histoire personnelle avec le Seigneur, du « premier amour ». Il s’agit d’un déclin progressif des facultés spirituelles qui, à plus ou moins long terme, provoque de graves handicaps chez la personne, la rendant incapable d’exercer une activité autonome.

Le cardinal Sarah le dit clairement : « Il nous faut regarder la vérité en face : le sacerdoce semble vaciller. Certains prêtres ressemblent à des matelots dont le navire serait violemment secoué par l’ouragan. Ils tournoient et titubent.

La recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l’argent s’est infiltrée dans la cour des prêtres, d’évêques et de cardinaux. Pourquoi tant de corruption, de dévoiement et de perversion ? Le peuple de Dieu regarde ses prêtres avec suspicion. Les incroyants les méprisent et s’en méfient.

Le recueil du cardinal donne en quelque sorte le profil du prêtre selon lui. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il y a quand même des caractéristiques qui peuvent attirer notre attention :

  • Les prêtres ne peuvent pas dissocier leur vie de prêtre de leur vie privé. Etre prêtre n’est pas une profession, c’est une identité qui doit devenir identification.
  • Les prêtres sont rien et tout : le prêtre doit travailler à l’épanouissement ordonné et équilibré des vertus humaines et morales pour être un instrument entre les mains de l’artisan divin.
  • Les prêtres valent d’abord par ce qu’ils sont et non par ce qu’ils font : le prêtre n’est pas un autre Christ, il est le Christ lui-même se continuant sacramentellement.
  • Les prêtres ont une vocation à la prière : un prêtre qui ne prie pas vit dans l’illusion de la générosité et du don de soi.
  • Les prêtres doivent vivre comme les apôtres ; les fidèles veulent voir leurs prêtres prier ensemble, vivre ensemble dans la charité. Quelle crédibilité aura la communion sacramentelle si elle n’est pas vécue dans la communion fraternelle.
  • Le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens.

Alors, un travail de lifting spirituel (réveil, élévation, prise de conscience) s’impose pour revoir ce moment originel qui a marqué notre vie. Il ne s’agit pas de faire un détour en arrière mais un retour aux sources de notre sacerdoce pour y puiser la force. Surtout pour voir le sérieux de ce moment (la cathédrale remplie, les prêtres venus de tous les coins du diocèse, les fidèles chrétiens dans une joie indescriptible). On n’est pas en train de jouer une pièce de théâtre.  Comment ou que faire pour soigner et célébrer ce grand don de Dieu chemin faisant, au fil de temps ?

Nous devrions en principe prendre soin de plusieurs dimensions de notre être, c’est-à-dire de l’Homme-Prêtre. Il y a trois grands domaines dans lesquels nous appelés à faire un travail permanent : le domaine humain (la connaissance de soi avec tous les aspects qui impliquent l’estime de soi, se respecter et respecter les autres, la gestion des émotions, le lâcher prise, la communication non-violente, l’analyse transactionnelle, la jalousie, le piège de victime, bourreau et sauveur, le triangle dramatique de Stéphan Karpamann), la maturité humaine avec tous les aspects de l’affectivité et de la sexualité, le domaine spirituel ( la reconnaissance du don de la foi, la foi vécue comme prière et célébration, la foi personnalisée, traduite en actes, la foi éprouvée, la foi étudiée et comprise, la foi partagée, la foi annoncée) et le domaine charismatique (expérience mystique, le chemin d’ascèse, le sens d’appartenance...).

 Je viens de parler de façon globale. Pour être concret, je prendrai deux profils présentés par le cardinal Sarah :

  • Les prêtres sont rien et tout : le prêtre doit travailler à l’épanouissement ordonné et équilibré des vertus humaines et morales pour être un instrument entre les mains de l’artisan divin. Il s’agit là de l’aspect humain. Donc, pour soigner et célébrer l’onction, il est important et urgent de prendre soin de la dimension humaine. En d’autres termes, il s’agit de la maturité humaine, affective et sexuelle de l’homme prêtre.

  • le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une sorte d’anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens. Il s’agit là de la dimension spirituelle.

  1. TRAVAILLER SUR SON HUMANITE

« Les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent »

« Que l’on passe sa vie à rire ou à pleurer ne modifie pas la durée de la vie ». Ce proverbe japonais traduit une expérience universelle : chacun dispose d’un temps de vie donné, mais la façon de vivre ce temps dépend de chacun. Il dépend de nous que nous le passions à rire ou à pleurer ». Le proverbe attire notre attention sur le fait qu’il dépend de nous de passer la plus grande partie de notre vie dans la dépression ou bien dans une attitude constructive. La manière de réagir aux contraintes extérieures est entre nos mains.

PRESUPPOSES

- La personne humaine est un être conscient et libre. Elle est appelée à grandir dans une conscience morale et une liberté qui portent à la maîtrise de soi et à la responsabilité.

- La personne humaine est une réalité divisée en elle-même. Elle est attirée en des directions opposées qui peuvent la mener à la maturité ou à la régression (vertu et péché, conscient et inconscient, liberté et esclavage). Elle se réalise dans la  mesure où elle s’investit dans le choix de la maturité sans pour autant prétendre effacer totalement l’autre.

- La personne humaine est appelée à vivre la relation interpersonnelle comme un lieu de la réalisation de soi, grâce à ce qu’elle reçoit et donne aux autres

- La personne humaine est capable de se transcender et de s’ouvrir au monde divin, jusqu’à se sentir aimée par Dieu et capable de l’aimer en retour.

C.G. Jung ne cesse d’attirer notre attention sur le fait que le chemin d’une vraie maturité passe par la descente dans le monde d’en bas, c’est-à-dire dans notre inconscient. D’après Jung, le chemin qui mène vers Dieu passe par la descente dans notre propre obscurité, dans notre royaume de l’ombre. Le père Jean Monbourquette, oblat, psychothérapeute canadien, a écrit un livre très intéressant : Apprivoiser son ombre.

« Nous portons en nous tout ce à quoi nous aspirons, tout ce qui nous effraie et tout ce que nous fuyons »

En nous, il n’y a pas qu’une aspiration spirituelle ; mais il existe des sphères athées, qui se refusent à la piété.

Anselm Grün dit : « Le secret du bonheur pourrait s’exprimer ainsi : Sois qui tu es. Ne te fais pas d’illusions. Accepte de ne pas être un héros, ne t’accorde pas trop d’importance. Travaille sur tes faiblesses mais sans acharnement. Lâche prise. S’épuiser dans la fuite est inutile. Ce n’est pas ainsi que nous pourrons nous en défaire. La seule chose possible : rester où nous sommes et nous réconcilier avec ce que nous portons en nous.

L’histoire du fils du rabbin

Un jour de sabbat, le fis d’un rabbin alla prier dans une autre synagogue que celle de son père. A son retour, le rabbin lui demanda : « Eh bien, as-tu appris quelque chose de nouveau ? » Et le fils de répondre : « Oui, bien sûr ! » Le père, un peu vexé dans sa fierté de rabbin, reprit :

« Alors, qu’est-ce donc qu’ils enseignent là-bas ? Aime ton ennemi ! » Dit le fils. Le père s’empressa de répliquer :

« Ils prêchent la même chose que moi. Comment peux-tu prétendre avoir appris quelque chose de nouveau ? » Le fils répondit : « Ils m’ont appris à aimer l’ennemi qui habite en moi, alors que je m’acharne à le combattre. »

Les ennemis qui habitent en nous, Jean Monbourquette les appelle : l’ombre.

Qu’est-ce que l’ombre ?

L’ombre, c’est tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejetés par les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation. Nous avons eu peur de perdre leur affection en les décevant ou en créant un malaise par certains comportements ou certains aspects de notre personnalité. Alors, pour leur plaire, nous nous sommes empressés de reléguer de larges portions de nous-mêmes aux oubliettes de l’inconscient.

Sensibles à l’appréciation des autres, nous nous sommes montrés gentils, polis, corrects. Et pour ce faire, nous avons dû refouler tout ce qui pouvait paraître déviant, honteux ou répréhensible. Par besoin de reconnaissance, nous nous sommes conformés aux exigences, aux règles et aux lois de notre milieu. Et nous nous sommes évertués à camoufler ce qui semblait lui déplaire ou le choquer.

Peu à peu, il s’est construit au fond de nous-mêmes un vaste monde souterrain fait de répressions et de refoulements accumulés au fil des années. Nous nous sommes finalement retrouvés assis sur une sorte de volcan psychique qui menaçait d’entrer en éruption à tout moment. Cette énergie psychique compressé, mais toujours vivante et active, nous l’appelons l’ombre.

Il faudrait travailler sur son ombre pour une saine croissance (l’ombre et la connaissance de soi, l’ombre et l’estime de soi…), apprivoiser son ombre pour avoir de saines relations sociales (perturbations causées par la projection de l’ombre, résolution des conflits créés par la projection de l’ombre…), l’importance du travail de réintégration de son ombre pour le développement de la vie morale (d’une morale centrée sur la loi à une morale de la conscience, la morale de la loi et la création de « boucs émissaires »), réintégrer son ombre en vue d’assurer une croissance spirituelle

Maturité humaine : notion et complexité 

La complexité de la personne, la multiplicité des domaines que la constituent et la diversité des éléments qui concourent à sa croissance dans le temps rendent difficile la définition de la maturité humaine. Cette difficulté se perçoit aussi dans la quantité des concepts qui la désignent : santé psychique, équilibre, normalité, adulte, réalisation de soi, responsabilité, intégrité, compétence, etc. C’est là l’expression d’une richesse d’écoles et de tendances qui essayent, chacune, d’accentuer une facette de la même réalité complexe.

Du point de vue psychologique, la maturité (santé psychique, équilibre) est conçue comme capacité d’agir de manière autonome, libre, réfléchie et responsable. elle est la conséquence d’un progrès graduel où l’on a appris, grâce  surtout au concours de l’éducation, de sa volonté et des aptitudes naturelles, à gérer et à répondre aux situations de la vie personnelle et communautaire.

La maturité est aussi à percevoir comme un parcours de maturation et une somme des maturités, puisque chacune des composantes de l’être humain a son rythme qui n’est pas nécessairement celui de l’autre. Une personne peut être biologiquement mûre, mais demeurer intellectuellement, affectivement ou religieusement immature. Sous cet angle, c’est le moment d’affirmer qu’il n’y a pas de maturité en soi mais un devenir continuellement mûr.

On peut voir aussi la maturité en termes de capacité de projeter le futur, de se fixer un but à poursuivre. Ce but devient le stimulant autour duquel on organise ses activités et on oriente sa conduite, une motivation qui conduit à se remettre en question pour évaluer sa marche vers ce point de tension.

La maturité se dessine alors comme la capacité de savoir ce qu’on veut réaliser, pourquoi on le veut et ce qu’on doit faire pour réaliser son désir. Elle est l’art de s’interroger sur les questions fondamentales de son existence et sur celles des autres pour une collaboration qui facilite le bien-être de chacun et de tous.

L’affectivité

L’affectivité figure parmi les sujets problématiques  de la psychologie, quoique son étude déborde ce domaine (la biologie, la neurologie, la médecine, la sociologie, la spiritualité y sont aussi concernées diversement). Toutefois, bien des chercheurs s’accordent quant à sa référence au monde de l’émotion, de l’humeur, de la pulsion, du sentiment et du plaisir/déplaisir.

Elle est une énergie puissante qui stimule et soutient une action, une relation, voire un comportement utile à satisfaire un besoin. Le plaisir ou le déplaisir qui s’ensuivent, signalent que l’objectif a été ou non atteint. En fait, l’affectivité apparait comme une pulsion vitale, une force capable d’imposer une direction donnée au sujet et de le faire agir. On peut d’ailleurs remarquer que, bien souvent, nos passions, nos émotions, et nos sentiments orientent aussi bien nos actions que nos décisions.

Notre attention portera sur sa compréhension comme capacité à vivre des relations interpersonnelles saine (sans troubles psychiques majeurs), comme oblativité, capacité d’aimer et de recevoir de l’amour (d’être aimé) sans attitudes défensives préétablies.

Elle ouvre les portes à bien des horizons (saine communication, amitié, écoute, humilité, joie, dialogue, altérité, introspection…) et renvoie la personne à elle-même avant de rencontrer l’autre.

La maturité affective peut être comprise comme une croissance progressive d’unification de la vie personnelle qui passe par la connaissance et l’acceptation de soi et de l’autre, un contact positif avec son propre monde émotionnel, la construction et l’engagement dans la projection de la vie personnelle et sociale.

L’affectivité bien formée servira de fondement à la recherche du bien, d’une vie épanouie de communion, portera à la chaleur de la vie fraternelle, incitera au réalisme qui accepte l’autre dans sa force et ses limites, le libère et lui laisse la marge de tolérance.

Elle favorise la juste mesure dans les réactions face aux sentiments évoqués, en fonction du choix de vie personnel, des convictions qu’on a et des visées qu’on poursuit.

Cependant, il y a plus. La maturité affective en appelle toujours à la notion de la sexualité : les deux s’interpellent. Dans la nature de l’affectivité, la sexualité est un élément constitutif de taille. Elle l’est aussi dans la structure même de la personne, parce qu’en général, si le développement de la sexualité advient sans trop de conflit, tout le reste suivra.

La maturité affective, c’est la capacité de gestion sereine des rapports avec soi-même et avec l’autre à travers la maîtrise considérable de son monde émotionnel et sentimental.

1.1 Réparer la vie relationnelle

« Qu’il incite à la pureté des mœurs par l’exemple de sa conduite. » Dans la prière d’ordination c’est par ces paroles que l’évêque demande que le prêtre soit par sa vie et par son ministère un modèle. Il y a ce lien profond entre le sacré et le pur. Or, ces derniers temps, nous avons été témoins de dérapages chez certains pasteurs. Si le témoin du Christ n’est pas cohérent entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, il provoque un contre-témoignage fatal pour la mission de l’Eglise et massacre des vies par son comportement (les abus sexuels ont produit, comme nous le savons, des vies affectives déréglées, des dépressions, des tentatives de suicide, des douleurs touchant à l’être profond).

Il nous semble important qu’à partir de ces pages sombres de fautes graves commises par certains clercs, nous puissions réagir en explorant et en décidant de développer des comportements dignes et bienveillants.

Nous proposons trois types d’attitudes pouvant aider le prêtre à avoir une relation ajustée avec les autres.

  • L’innocence : nous avons le devoir de travailler pour retrouver l’innocence. Il ne s’agit pas d’une réaction opportuniste mais d’une réaction saine de responsabilité spirituelle pour retrouver la beauté et la pureté de notre foi dans le lien avec les autres. L’innocence précède toute corruption et toute culpabilité. Elle nous renvoie à la pureté de l’enfance. C’est-à-dire la renonciation ou le refus de la nuisance. Il s’agit de vivre en évitant de nuire. Une mentalité innocente, malgré la faute des origines, conserve un regard positif sur la vie, une capacité d’émerveillement, la confiance chez les autres, l’espérance dans l’humanité, en la bonté des êtres, la capacité du monde à changer et à s’améliorer. L’innocence est également un choix. face à ceux qui nuisent, l’homme libre décide de ne pas nuire. Face à la violence de notre monde, qu’elle soit verbale, psychologique, physique ou religieuse, le croyant, le prêtre, décide d’agir avec bienveillance.
  • La pudeur : Comment parler aujourd’hui de la pudeur ? Nous vivons l’ère des téléréalités et des réseaux sociaux. Pour vivre heureux, vivons cachés, disait l’adage. Mais aujourd’hui on pense que pour être heureux il faut tout dire et tout montrer. La pudeur des sentiments et des corps est fondamentale pour croître en société. Cette vertu n’est plus à la mode. Il s’agit d’une attitude de retenue dans la vie relationnelle. Elle veille à ne pas dire, montrer ou faire des choses concernant son intimité. La pudeur protège l’intimité. Dans la vie collective la pudeur est une vertu nous sortant d’une certaine animalité. La pudeur favorise la dignité de l’homme. La pudeur est une attitude de respect et de crainte. Sans la pudeur, l’homme revient à son animalité, à satisfaire ses appétits.
  • Le détachement : un prêtre accompagne  un peuple et ce peuple est fait de personnes. chaque personne est un univers en soi. Par la pratique des sacrements le prêtre célèbre, parle et oriente les personnes. Il exerce une autorité et il transmet un message. Or, dans notre société à la liberté complexe et complexée, il est facile de confondre autorité, pouvoir, conviction, radicalité, rigidité, manipulation, séduction, domination…Avec beaucoup de légèreté de termes graves sont utilisés à l’égard des personnes peu appréciées. Nous entendons dire : « Il est un pervers narcissique », « C’est un manipulateur », « Il me harcèle ». Nous vivons un manque de lucidité et de sérénité dans la vie relationnelle. Les émotions l’emportent sur la raison. Dans notre société il y a beaucoup de manières d’accompagner les personnes.  La demande d’aide est fréquente. Ce besoin répond à des questions existentielles fondamentales : comment vivre, comment être heureux, comment éviter les souffrances et ne pas faire souffrir les autres, bref comment ne pas rater sa vie. Cette démarche saine, naturelle, positive et constructive exige vigilance et prudence afin de ne pas être soumis à une personne manipulatrice qui humilie et écrase de manière malsaine. Pour le chrétien la manière d’être avec les autres est guidée par la vérité et la liberté : la vérité vous rendra libres (Jn 8,32). Un autoritarisme sévère dans la manière d’animer et d’accompagner peut favoriser des dépendances liées à l’admiration et à la culpabilité. Il ne faut jamais oublier qu’un prêtre est un homme suscitant la confiance de par sa vocation. les personnes se livrent totalement en partageant les domaines où elles sont les plus faibles, où elles peinent dans la vie. En fait, elles livrent leur vie en toute confiance. Or, mal agir ou agir maladroitement dans ces domaines si essentiels peut provoquer des blessures profondes. la mission de prêtre n’est pas d’abimer mais de réparer la vie humaine et spirituelle. Nous ne pouvons pas avoir des attitudes de manipulation, de séduction ou de domination. Ces comportements dévoilent un malaise personnel et des failles affectives pouvant contraindre la liberté de l’autre. La bienveillance spirituelle se manifeste dans la capacité de vouloir le bien et chercher le bien de la personne, sans vouloir consciemment ou inconsciemment la posséder.

1.2 Fuir la médiocrité

« Apprendre à discerner est l’une des choses les plus importantes que nous ayons à faire dans notre vie, et cela requiert un savoir, une conscience, une réflexion personnelle »

« Celui qui combat sans méthode combat en vain », dit un moine. Une méthode est nécessaire pour avancer sur la voie de la formation et pour devenir adulte. La discipline est l’art d’amoindrir la souffrance de vivre. Dans la discipline, nous apprenons à assumer notre vie plutôt qu’à la subir ».

« On ne peut pas être heureux sans être sage, honnête et juste ».

Rm 12, 1-2 : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est le volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait »

Le discernement. Comment savoir si une chose vient de l’Esprit saint ou si elle vient de l’esprit du monde ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle.

Discerner n’est pas seulement nécessaire pour les moments extraordinaires, ou quand il faut résoudre de graves problèmes, ou quand il faut prendre une décision cruciale. C’est un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur.

Pour approfondir  ce thème de discernement, vous pouvez lire le livre de Pascal Ide : « Comment discerner ».  

Oui, il est important que les prêtres fuient la médiocrité dans leur vie. Nous n’avons pas reçu l’ordination pour être médiocres. Que les médiocres dégagent. Nous sommes le sel et la lumière du monde (Mt 5, 13-14).

Actuellement, certains dénoncent le règne de la « médiocratie » ; comme l’appelle le philosophe Québécois Alain Deneault, où existe une révolution anesthésiante dans laquelle il ne faut rien bouger, rien changer, rien créer

Dans cette démarche et pour s’éloigner de la médiocrité, certains dangers sont à éviter.

  • Le danger de l’amnésie. Le reproche de l’ange à l’Eglise d’Ephèse. Nous le savons, dans la tradition biblique un de grands péchés est l’amnésie spirituelle. Oublier l’action de Dieu dans la vie de l’homme est un danger. Marie chante son Magnificat : Le puissant a fait pour moi des merveilles (Lc1,49). Marie garde comme force intérieure la mémoire d’un Dieu agissant dans sa vie. Le prêtre est béni de par sa vocation et son onction, donc il est porteur de dons spirituels. La mémoire du don de Dieu nous projette dans un avenir plein d’espérance.
  • Le danger de la tiédeur. L’équivalent biblique de la médiocrité est la tiédeur. L’Apocalypse, sans prendre trop de formes, le dit : « Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant….puisque tu es tiède, ni froid ni brûlant, je vais te vomir de ma bouche  (Ap 3, 15-16). Parfois il y a des formes subtiles de scepticisme pour ne pas avancer et pour rester dans des zones de confort. Nous avons des idées, nous tendons vers les idéaux mais nous restons dans le nid sans oser voler et éprouver la liberté. Nous avons des connaissances spirituelles sublimes mais, trop attachés aux choses terrestres, nous ne décollons pas et ne pouvons pas goûter à la foi. La tiédeur installe l’homme dans l’atrophie existentielle.
  • Le danger de la superficialité. Les hypocrites, dit Jésus avec sévérité, aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes (Mt 6,5). Ils portent de larges phylactères et ils ont de longues franges à leurs vêtements ; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés Rabbi par les hommes (Mt 23, 5-7). Mais ces gens disent et ne font pas (Mt 23, 3). Jésus en parlant de cette manière éduque ses disciples à vivre d’une manière différente des hypocrites. La critique de Jésus concerne le style de vie et la manière d’être avec les autres. ce danger peut toucher la vie sacerdotale quand les questions de forme et d’apparence se manifestent d’une manière importante. Le besoin de se montrer, le besoin de reconnaissance peuvent extérioriser un certain mal-être ou un certain vide intérieur en quête de maturité. Dans la vie relationnelle, nous pouvons avoir des liens qui nous nourrissent et d’autres qui nous vident (les relations toxiques. Les prêtres sont de bons payeurs, ils ont peur d’être dénoncés). Les comportements superficiels nous placent dans des situations inconfortables : plaintifs, dépendants affectivement, conflictuels, hypersensibles…La foi et l’enseignement de Jésus encouragent le disciple à dépasser la dimension épidermique d’une relation ou d’une situation pour s’inscrire dans une démarche de vérité. Le contraire de cette superficialité est une vie sereine, authentique et libre.
  • Le danger du matérialisme. Dans la parabole du riche insensé (Lc 12, 16-21), Jésus apprend à ses disciples le détachement des biens matériels. La tentation est grande, quand les difficultés touchent la vie du prêtre, de se réfugier, comme le riche de l’Evangile, dans les biens matériels. Inconsciemment, il pense se sauver seul grâce à ce qu’il a. L’abondance rassure temporairement, mais elle ne comble pas. L’homme de l’Evangile est lucide et habile ; il a travaillé, il a produit et il est prévoyant. Mais, dans sa vie, il n’y a aucune place pour les autres : mon blé, mes greniers, mes biens… Il ne pense qu’à lui et à la jouissance de sas biens. Sa richesse matérielle ne le sauve pas de la mort.
  • Quand il croit qu’il est tranquille et en paix, on lui demande la vie. Dieu ne lui demande pas ses biens, ils appartiennent à la terre, il lui demande la vie. En fait, ses greniers sont pleins mais sa vie est vide.

Ce texte montre que l’homme de la parabole est capable de gérer et d’administrer ses biens, il a des talents. Mais ses biens lui prennent la vie, le temps, l’énergie, les affects. Il donne tout son être et toutes ses capacités à ses biens matériels. Si le matérialisme pur et dur ne fait pas partie des choix des prêtres, il faut cependant être vigilant par rapport à des manières sournoises de céder à un certain confort détournant de l’essentiel.

Proximité entre les prêtres

Rm 12, 9-12

Le geste de l’imposition des mains, de par sa nature, crée une réelle communion entre les prêtres et avec l’évêque. Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans du presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle. Le lien n’est pas juste affectif et formel mais sacramentelle. Ce lien est la communion, en d’autres termes, l’amour fraternel. L’amour fraternel ne cherche pas son intérêt, il ne laisse pas la place à la colère, au ressentiment, à l’envie. Le véritable amour se réjouit de la vérité et considère comme un grave péché le fait de s’attaquer à la vérité et à la dignité des frères par la calomnie, la médisance et les ragots. L’origine c’est l’envie. On y arrive, même aux calomnies pour obtenir un poste… et c’est très triste. Pour les prêtres, l’amour fraternel ne reste pas enfermé dans un petit groupe, mais il se traduit en charité pastorale.

Les neuf caractéristiques de la communion fraternelle :

  • Faire part de ses vrais sentiments (authenticité), Eph 4, 25 : Aujourd’hui il y a des ateliers sur la gestion et la régularisation de la colère.
  • S’encourager réciproquement (Mutalité), 1 Th 5, 11 : savoir se réjouir de la réussite des autres. Le Pape François parle de la maladie de l’indifférence envers les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie à voir l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager. Qui peut déterminer en quoi consiste le succès ? La société stupide dans laquelle nous vivons ! La préoccupation majeure de cette société est que ceux qui la composent continuent à être malades. Plus vite vous comprenez cela, mieux vous vous porterez. Les gens sont malades. Vous devenez curé d’une paroisse, vous en êtes fier, et vous croyez que vous avez réussi la vie.  Réussir sa vie, c’est se réveiller.
  • Se soutenir les uns les autres (Sympathie), Rm 12, 10 : Nous pouvons avoir des points de vue différents. Cela ne veut pas dire que nous devons arrêter de dialoguer ni de nous fréquenter.
  • Se pardonner (Miséricorde), Col 3,13 : Le faible ne peut pas pardonner. Pardonner appartient aux forts (Mahatma Gandhi.
  • Se dire la vérité avec amour (Franchise), Prov 24,2 ; Gal 6,1-2 : La vérité vous rendra libre.
  • Admettre ses faiblesses (Humilité), Rm 12, 16 ; Phil 2, 3-4 : Au fond, en psychologie, les hommes forts n’existent pas. Quand je regarde les gens, je ne suis pas impressionné. Je le vois d’abord comme des êtres humains, c’est-à-dire un mélange de lumière et des ténèbres.
  • Respecter les différences (Courtoisie) Rm 15,2 ; Tite 3,2 : Cessez d’essayer de changer les autres. Nous gaspillons notre temps et notre énergie à essayer de changer les contingences, à essayer de transformer nos confrères, nos supérieurs, nos amis, et tout le reste. nous n’avons pas à changer ce qui nous entoure. Les sentiments négatifs sont en nous. Il n’y a aucun être sur terre qui soit capable de nous rendre malheureux. Il n’y a aucun événement qui ait le pouvoir de vous blesser ou de vous inquiéter.
  • Ne pas faire de ragots (confidentialité) ; Prov 16,28 : Le Pape François parlait souvent du commérage. Il s’était adressé à la curie romaine le 22 décembre 2013. Les 15 maladies de la curie romaine. La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. C’est une maladie grave, qui commence simplement, et qui s’empare de la personne. Celle-ci se met alors à « semer de la zizanie » (comme Satan), et dans beaucoup de cas à « assassiner de sang-froid » la réputation de ses propres collègues et confrères. C’est la maladie des personnes lâches qui, n’ayant pas le courage de parler directement et parlent dans le dos. Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages. Ces personnes ont la maladie qui consiste à diviniser les chefs. Ils courtisent leurs supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ce sont des personnes mesquines, malheureuses, inspirées seulement par leur égoïsme fatal. Derrière chaque méchanceté se cache la jalousie.
  • Donner priorité au groupe (Régularité) Heb 10,25. Ce que nous sommes c’est grâce au concours du diocèse aussi. Ne l’oublions pas. Nous sommes connus aujourd’hui parce que nous sommes membres de ce clergé. Ce diocèse a fait beaucoup pour nous. Il peut avoir quelques faiblesses, mais n’oublions tous les sacrifices consentis par plusieurs personnes de ce diocèse pour notre épanouissent. J’ai toujours dit que la première fois que j’ai pris l’avion dans ma vie, c’était pour aller au noviciat. J’ai étudié dans les grandes universités de ce monde grâce à ma congrégation. J’ai visité presque tous les continents…

  1. TRAVAILLER SA SANCTIFICATION

« Le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une sorte d’anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens. »

PRESUPPOSES

  • L’homme est l’interlocuteur de Dieu qui en fait son partenaire, capable d’écouter sa voix et de Lui répondre.
  • Dans ce dialogue, l’homme découvrira sa vérité et la possibilité de se réaliser pleinement. Il fait l’expérience que sa liberté est fondée sur la liberté de Dieu qui ne s’impose jamais, mais laisse libre d’accepter ou de refuser son appel à une vie de croyant.
  • Si l’homme accepte le risque et se confie en Dieu, il entre mystérieusement dans le monde de Dieu. Le cœur devient alors participant des désirs de Dieu et il apprend à aimer comme Dieu lui-même.
  • Tout cela se reflète dans les rapports quotidiens, vécus non plus selon la seule logique humaine, mais selon la logique évangélique de la vie dans la mort, de la folie de la croix,
  • L’homme spirituel n’est pas celui qui vit loin de la réalité du monde ou qui a renoncé à son humanité, mais celui qui vit chaque moment de son existence dans cette perspective croyante.

Voici quelles sont donc les ressources et les possibilités de chaque homme sur le plan spirituel.

« Voici la volonté de Dieu : votre sanctification (1 Th 4,3).

« Afin que délivrés de la main des ennemis, nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours » (Cantique de Zacharie)

La sainteté du prêtre part du Père qui nous consacre. Dans cette consécration, il y a un désir de communion profonde avec le Seigneur. Etre prêtre est une manière d’être uni au Christ, d’une manière plus radicale, plus authentique et moins formelle. Par la consécration, le prêtre renonce à sa volonté propre. Il ne s’appartient plus lui-même.

Notre être des prêtres n’est donc pas une autre chose qu’une nouvelle et radicale façon d’être unis au Christ. Substantiellement, cela nous a été donné pour toujours par le sacrement. Mais ce nouveau sceau sur notre être peut devenir pour nous un jugement de condamnation si notre vie ne se déploie pas dans la vérité du sacrement.

Ce qui est sacré en nous, ce n’est pas notre pauvre personne humaine, c’est notre identification au christ. C’est ce « oui » prononcé en lui. Nous sommes consacrés, c’est-à-dire offerts à Dieu. Le prêtre est consacré, il est l’homme du sacré, parce qu’il appartient à Dieu. Le prêtre a reçu l’onction. L’onction est un don de Dieu, un don surnaturel pour accomplir une mission. L’onction transforme la personne, touchant son être profond. Elle vient de Dieu pour fortifier l’élu et pour bénéficier au peuple.

Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17,1).

Que devons-nous faire ?

Nous convertir. C’est l’urgence de l’intériorité.

Carl Gustav Jung : « Celui qui regarde vers l’extérieur rêve. Celui qui tourne son regard vers l’intérieur s’éveille »

Une petite histoire : Le plus petit de Dieu

Les dieux s’aperçurent de leur erreur après avoir créé les êtres humains, curieux, intelligents, assoiffés de connaissance et attirés par la recherche spirituelle. Ils se mirent à craindre qu’en peu de temps les humains ne le défient. Tous les dieux se réunirent pour savoir où cacher les dons précieux de l’âme humaine. Ils émirent une foule de suggestions : sur la plus haute montagne ? Dans les profondeurs de la mer ? Dans les abimes profonds ? Dans les jungles impénétrables ? La lune et les autres planètes ?

Le plus petit des dieux, resté silencieux jusque-là, prit la parole : Je connais un endroit où les humains ne penseront jamais pouvoir trouver leur âme. Cachons-la au plus profond d’eux-mêmes.

« Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi » (Mt 15,8).

Tout ce qui est grand a besoin de silence pour naître en l’homme. C’est le silence qui prépare à bien écouter, à prêter attention aux nuances du son quand quelqu’un parle. Mais elle est aussi la condition nécessaire pour que nous percevions dans notre cœur la voix de Dieu.

Sans travailler et sans soigner la vie intérieure, il est facile de perdre sa propre humanité. Notre vie spirituelle nous apprend à l’ouverture intérieure : chercher Dieu et se laisser trouver par lui.

Oui, c’est à l’intérieur que nous ne trichons pas. C’est à l’intérieur que nous retrouvons notre véritable identité. Un prêtre doit habiter sa propre vie intérieure. Un déficit de vie intérieure peut faire basculer vers une vie banale et superficielle.

L’Ecriture nous dit que l’homme intérieur grandit seulement s’il se laisse guider par l’Esprit (Ga 5,18). La vie intérieure progresse quand nous sommes dociles à l’Esprit de Dieu. Si les fruits de notre vie sont, comme le dit Paul aux Galates (5, 22-23), alors notre ministère pastoral sera fécond parce que nourri par Dieu.

Nous devons nous convertir chaque jour. Nous savons que c’est là une exigence fondamentale de l’Evangile adressée à tous les hommes, et nous devons d’autant plus la considérer comme adressée à nous. Si nous avons le devoir d’aider les autres à se convertir, nous devons agir de même et continuellement en ce qui concerne notre propre vie. Nous convertir signifie retourner à la grâce même de notre vocation, méditer l’infinie  bonté et l’amour infini du Christ qui s’est adressé à chacun d’entre nous en nous appelant par notre nom : « suis-moi ». Nous convertir veut dire « rendre compte » de notre service, de notre zèle, de notre fidélité, devant le seigneur de nos cœurs. Nous convertir, cela veut dire « rendre compte » aussi de nos négligences et péchés, de notre manque de foi et d’espérance, de notre façon de penser seulement « de manière humaine » et non pas « à la manière de Dieu ». Nous convertir, signifie, chercher à nouveau le pardon et la force de Dieu dans le sacrement de la réconciliation et ainsi recommencer toujours et progresser chaque jour, nous maîtriser, réaliser des conquêtes spirituelles. Nous convertir, veut dire « toujours prier sans jamais se lasser ». La prière est d’une certaine manière la condition première et ultime de la conversion, du progrès spirituel, de la sainteté. C’est la prière qui définit le style essentiel du sacerdoce ; sans elle, ce style se déforme. La prière nous permet de nous convertir sans cesse, de demeurer toujours tendu vers Dieu, ce qui est indispensable si nous voulons conduire les autres vers Dieu.

La prière nous aide à croire, à espérer et à aimer, même quand notre faiblesse humaine y fait obstacle. Sans la prière, toute notre agitation est vaine. Elle risque de se transformer en action sociale plus que sacerdotale. L’activisme stérilise l’apostolat, même paré de succès extérieurs brillants, et risque de conduire à de lamentables catastrophes morales et spirituelles. Prier, pour nous prêtres, c’est aussi accueillir les épreuves et les souffrances.

« Quand la vie spirituelle va mal, on dit que c’est par manque de solides convictions et de maturité. Et quand un prêtre est en crise, on en donne la faute au manque de formation, oubliant que tout don de Dieu réclame la fidélité de notre part. Si l’on est fidèle, même sans formation, l’on se forme. Si l’on est fidèle, même sans maturité, l’on murit. Si l’on est fidèle, même avec toutes les misères on progresse dans le bien. Si l’on est fidèle, il n’y a rien. La maturité ne sert pas, la formation ne sert pas, la responsabilité ne sert pas, la dignité ne sert pas ; rien ne sert. La fidélité est l’amour d’aujourd’hui. »

                                        Père Jean-Claude KANKU, cicm

Du Vatican : oser la paix

 

Oser la paix” – Cérémonie de clôture

En direct du Colisée, rencontre internationale pour la paix, “les religions et les cultures en dialogue“, avec la participation du Pape Léon XIV

Nous vous proposons la cérémonie conclusive de ce rassemblement.

 

 

 

journal de la RTF du 28.10.2025

Sanctuaire marial de Bena Kalongo: évolution au 31 Mai 2025

Habemus papam

A peine commencé, le conclave pour l'élection du successeur du défunt pape Fançois, qui est rentré dans la maison du Père le 21 Avril 2025, accouche au deuxième jour. 

Ce 08 Mai 2025 sera un jour mémorable pour les catholiques romains. 

La fumée blanche a soulevé la liesse des fidèles, ils attendent de connaître le nouveau Pontife.

Leon xiv officiel


 

LEON XIV est le nouveau pape.

Pape LEON IV

 

 

La biographie du nouveau Pape Léon XIV

Le cardinal Robert Francis Prevost, préfet de l'influente Congrégation pour les évêques, est un prélat né à Chicago qui a passé de nombreuses années comme missionnaire au Pérou avant d'être élu à la tête des Augustins pour deux mandats consécutifs.

Vatican News

Né le 14 septembre 1955 à Chicago, dans l'Illinois, Prevost est entré au noviciat de l'Ordre de Saint-Augustin (OSA) en 1977 et a prononcé ses vœux solennels en 1981.

Il est titulaire d'une licence en mathématiques de l'Université Villanova en 1977, d'une maîtrise en théologie de l'Union théologique catholique de Chicago, ainsi que d'une licence et d'un doctorat en droit canonique du Collège pontifical Saint-Thomas d'Aquin à Rome. Sa thèse de doctorat portait sur «Le rôle du prieur local dans l'Ordre de Saint-Augustin».

Sa carrière dans l'Église a été marquée par des rôles et des réalisations marquants. Après son ordination sacerdotale en 1982, Prevost rejoint la mission augustinienne au Pérou en 1985 et sert comme chancelier de la prélature territoriale de Chulucanas de 1985 à 1986.

De 1987 à 1988, il a passé les années 1987 et 1988 aux États-Unis comme curé des vocations et directeur des missions de la province augustinienne de Chicago, avant de retourner au Pérou. Pendant les dix années suivantes, il a dirigé le séminaire augustinien de Trujillo et enseigné le droit canonique au séminaire diocésain, où il était également préfet des études. Il y a également exercé d'autres fonctions, notamment celles de curé, d'officiant diocésain, de directeur de la formation, de professeur de séminaire et de vicaire judiciaire.

En 1999, il est retourné à Chicago et a été élu prieur provincial de la province «Mère du Bon Conseil» de l'archidiocèse. Deux ans et demi plus tard, il a été élu prieur général de l'Ordre des Augustins et a exercé deux mandats jusqu'en 2013.

En 2014, il est retourné au Pérou lorsque le pape François l'a nommé administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo. Il a été élevé au rang d'évêque de Chiclayo en 2015. Durant cette période, il a également été vice-président et membre du conseil permanent de la Conférence épiscopale péruvienne de 2018 à 2023.

Pendant cette période, les évêques péruviens auraient joué un rôle important pour assurer la stabilité institutionnelle lors des crises politiques successives qui ont conduit au renversement des présidents successifs.

En 2020 et 2021, Prevost a été administrateur apostolique de Callao, au Pérou.

Le pape François a nommé Mgr Prévost préfet du Dicastère pour les évêques en janvier 2023, le chargeant ainsi de la sélection des évêques. Plus tard dans l'année, le 30 septembre 2023, il l'a élevé au rang de cardinal.

Pendant ses premiers mois en tant que préfet, Mgr Prévost est resté discrètement présent dans les médias, mais il était apparemment apprécié pour son sens de l'écoute et sa maîtrise des dossiers. Aleteia rapporte qu'un évêque français qui l'a rencontré deux mois après sa prise de fonctions a loué ses «questions judicieuses» et son esprit de synthèse, soulignant que ce premier contact lui avait laissé une «bonne impression».

Le cardinal Prévost est membre de sept dicastères du Vatican ainsi que de la Commission pour le gouvernement (Governatorato) de l'État de la Cité du Vatican, ce qui témoigne de la confiance que le pape François lui accorde et de l'importance qu'il accorde à ses compétences administratives.

 

 

 

 

 

SANCTUAIRE EN CONSTRUCTION au Domaine Marial de Bena Kalongo/ Notre Dame de Fatima

Suivre son évolution: vue aérienne d'août 2024

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Vue globale

 

 

Jubilé Presbytéral d'argent 2022

 

Le 1er Août 2022, la plus nombreuse promotion de prêtres du diocèse de Mbujimayi, s'est retrouvée pour fêter son jubilé presbytéral en la cathédrale saint Jean Bonzola.

Jusqu'à ce jour, le diocèse de Mbujimayi compte , comme la plus nombreuse promotion d'ordination sacerdotale, celle du 1er Août 1997. En cette date, feu Mgr Tharcisse TSHIBANGU, alors évêque de Mbujimayi,

ordonnât en une seule célébration eucharistique

-Quinze prêtres Diocésains ( Badibanga Paul, Cimena Grégoire, Citenga Alphonse Mathieu, Cyanda Jean Louis, Ilunga Odon, Kalala Paulin,Kaleta Pierre, Katembwe Joseph, Kazadi Kantumba Godefoid,

Mbuyi Anatole Claude, Mpoyi Céléstin, Mutoka Jean Claude, Ndjibu Shabana Crispin, Ngandu Daniel)

-Deux prêtres religieux: Ilunga Bernard (SVD)  et Kabemba Emmanuel  (Institut séculier saint jean Baptiste) et un diacre en vue du sacerdoce, Nsasa Sébastien  (Institut séculier saint jean Baptiste)

Abbes jubilaires

 

Bien que réduit à quatroze suite au décès en 2019 de l'abbé Godefroid KAZADI, la promotion 1997 demeure la plus nombreuse du diocèse de Mbujimayi.

Néanmoins ces confrères disséminés dans le monde, se sont donné rendez-vous et ont fêté leur 25 ans de vie sacerdotale , entourés des confrères, familles,

amis et fidèles chrétiens, venus nombreux les entourés en la cathédrale saint Jean Baptiste ce 1er août 2022.

En l'absence de Taatu Bernard E. KASANDA, évêque de Mbujimayi , à qui ils avaient demandé de présidé l'eucharistie d'Action de grâce de ce jour,ce fut leur prédicateur de récollection et ancien formateur

abbé Kalenga Shimba wa Kamunga  Simon , qui présidât cette eucharistie au cours de laquelle le directeur du centre pastoral Abbé Jean Mulomba, leur remit une bénédiction pontificale personnelle.

La Chorale diocésaine Cinu Nkonga Batu, animât avec faste cette messe.

Avec leurs invités et tous les prêtres présents à cette messe, les Jubilaires partagèrent un temps convivial au centre de formation et de développement Mpokolo wa moyo . 

Ces images en disent long

 

 

Commentaires

  • Timothy Cruz
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