La une
Centenaire de la présence des Soeurs salésiennes au Congo
Nécrologie
Bonjour, Messieurs les Abbés.
Nous vous faisons part de la triste nouvelle du rappel à Dieu de la Sœur Thérèse Bilonda, Supérieure Générale des Sœurs Servantes de Béthanie.
Son décès est survenu dans l’après-midi de ce 31.01.
Portons-la dans nos prières.
A. Yves CIMBALANGA,
secrétaire épiscopal
RESSOURCEMENT SPIRITUEL DES PRÊTRES: Récollection de l'Avent
Nous vous partageons le texte de la récollection des prêtres oeuvrant au Diocèse de Mbujimayi pour l'Avent 2025.
Bonne suite du temps de l'Avent, Bonne Fête de Noël et Heureuse Nouvelle Année 2026 à tous .
RECOLLECTION DES PRETRES OEUVRANT AU DIOCESE DE MBUJIMAYI
PAROISSE SAINT GERARD – BIPEMBA, LE 16 DECEMBRE 2025.
Excellence Monseigneur,
Messeigneurs les vicaires généraux,
Chers Confrères dans le sacerdoce (les aînés, les prêtres de ma génération et les jeunes)
C’est avec un cœur plein de joie que je me tiens devant vous, avec crainte et tremblement, pour ce partage fraternel. Un grand merci à l’Abbé Blaise KANDA qui m’a fait confiance. Il m’a laissé la liberté de choisir le thème de cette récollection.
NOUS TE CHOISISSONS COMME PRETRE
Voici le thème de notre récollection. Quelles sont les raisons qui m’ont poussé à choisir ce thème ? Elles sont multiples et complexes. Il me semble de plus en plus important de revisiter le rite de l’ordination sacerdotale. L’ordination sacerdotale est un moment puissant de la vie personnelle et ecclésiale qui nous a marqué et qui nous marquera de manière indélébile. Cette visite nous permet de répondre aux questions : « D’où venons-nous ? », « Qui sommes-nous ? » et « Comment vivre et nous engager comme prêtre ». Il me semble opportun de faire mémoire de ce moment pour qu’il ne reste pas atrophié comme un rite lointain plus au moins étouffé désormais par les soucis de la vie pastorale.
Pour produire le texte que je vous propose aujourd’hui, j’ai consulté les documents suivants :
- François Bustillo : La vocation du prêtre face aux crises : La fidélité créatrice.
- Anselm GRUN : Petit traité de spiritualité au quotidien
- Cardinal Robert Sarah : Pour l’Eternité : Méditations sur la figure du prêtre.
- Mes cours de Théologie Spirituelle I et II, donnés au Grand Séminaire Interdiocésain Christ-Roi de Malole à Kananga.
- Mes cours de Grandes Théories en psychologie et Thérapie de groupe, donnés à la faculté de psychologie, sciences de l’éducation et gestion à l’Université Pédagogique de Kananga (UPKAN).
Le jour de l’ordination le prêtre a été présenté au début de la célébration par un autre prêtre, un formateur ou un accompagnateur. Il dit à l’évêque : « Père, la sainte Eglise vous présente son Fils et demande que vous l’ordonniez prêtre. L’évêque à son tour pose la question suivante : « Savez-vous s’il a des aptitudes requises ? » De quelles aptitudes s’agit-il dans cette question de l’évêque ? Les aptitudes intellectuelles, humaines, spirituelles, mystiques ? Le prêtre répond : « Les chrétiens qui le connaissent ont été consultés, et ceux à qui il appartient d’en juger ont donné leur avis. Aussi j’atteste qu’il a été jugé digne d’être ordonné. ». Quelle grande responsabilité monsieur l’abbé Blaise. L’évêque dit alors : « Avec l’aide du Seigneur Jésus Christ, notre Dieu et notre sauveur, nous le choisissons comme prêtre ». Ndibu, bibingu, tunkunduluila.
Qui est présenté devant l’évêque ? Un homme. Sans doute, il n’est pas parfait mais il a suivi un parcours de discernement, d’accompagnement et de formation. Il est là pour être ordonné. Pour recevoir l’onction. Et cette dernière laisse une trace indélébile en lui. C’est-à-dire ineffaçable. Cette onction doit être soignée et célébrée. Notre récollection va se focaliser autour de cela. En disant : « Nous te choisissons comme prêtre », l’évêque est convaincu que celui qui se tient là, est capable de soigner, d’entretenir, de protéger et de célébrer l’onction. Si nous ne la soignons pas, nous pouvons entendre la provocation de l’ange à l’Eglise d’Ephèse : « J’ai contre toi que tu as oublié ton premier amour (Ap 2,4).
Il se peut que dans notre vocation sacerdotale, à cause du temps, du rythme intense et du surmenage pastoral, des couches sombres (fatigues, échecs, frustrations, déceptions, conflits, ennuis…) couvrent notre fraîcheur des origines. Nous naviguons entre la pression et la dépression. En psychologie du travail on parle de burn out dû à l’excès de travail. Mais ces derniers temps nous entendons parler bore out (l’ennui au travail) et de brown out (le non-sens du travail. La fièvre du résultat est souvent psychotoxique. Nous pouvons entendre la provocation de l’ange à l’Eglise de Sardes : « Tu passes pour vivant mais tu es mort. Réveille-toi, ranime ce qui te reste de vie défaillante ! Non, je n’ai pas trouvé ta vie pleine au nom de mon Dieu » (Ap 3,1). Ou encore la provocation de l’ange à l’Eglise de Laodicée : « Je connais ta conduite : tu n’es ni froid ni chaud » (Ap 3,15). Il y a aussi la maladie d’ « Alzeimer spirituelle », c’est-à-dire l’oubli de « l’histoire du salut », de l’histoire personnelle avec le Seigneur, du « premier amour ». Il s’agit d’un déclin progressif des facultés spirituelles qui, à plus ou moins long terme, provoque de graves handicaps chez la personne, la rendant incapable d’exercer une activité autonome.
Le cardinal Sarah le dit clairement : « Il nous faut regarder la vérité en face : le sacerdoce semble vaciller. Certains prêtres ressemblent à des matelots dont le navire serait violemment secoué par l’ouragan. Ils tournoient et titubent.
La recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l’argent s’est infiltrée dans la cour des prêtres, d’évêques et de cardinaux. Pourquoi tant de corruption, de dévoiement et de perversion ? Le peuple de Dieu regarde ses prêtres avec suspicion. Les incroyants les méprisent et s’en méfient.
Le recueil du cardinal donne en quelque sorte le profil du prêtre selon lui. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il y a quand même des caractéristiques qui peuvent attirer notre attention :
- Les prêtres ne peuvent pas dissocier leur vie de prêtre de leur vie privé. Etre prêtre n’est pas une profession, c’est une identité qui doit devenir identification.
- Les prêtres sont rien et tout : le prêtre doit travailler à l’épanouissement ordonné et équilibré des vertus humaines et morales pour être un instrument entre les mains de l’artisan divin.
- Les prêtres valent d’abord par ce qu’ils sont et non par ce qu’ils font : le prêtre n’est pas un autre Christ, il est le Christ lui-même se continuant sacramentellement.
- Les prêtres ont une vocation à la prière : un prêtre qui ne prie pas vit dans l’illusion de la générosité et du don de soi.
- Les prêtres doivent vivre comme les apôtres ; les fidèles veulent voir leurs prêtres prier ensemble, vivre ensemble dans la charité. Quelle crédibilité aura la communion sacramentelle si elle n’est pas vécue dans la communion fraternelle.
- Le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens.
Alors, un travail de lifting spirituel (réveil, élévation, prise de conscience) s’impose pour revoir ce moment originel qui a marqué notre vie. Il ne s’agit pas de faire un détour en arrière mais un retour aux sources de notre sacerdoce pour y puiser la force. Surtout pour voir le sérieux de ce moment (la cathédrale remplie, les prêtres venus de tous les coins du diocèse, les fidèles chrétiens dans une joie indescriptible). On n’est pas en train de jouer une pièce de théâtre. Comment ou que faire pour soigner et célébrer ce grand don de Dieu chemin faisant, au fil de temps ?
Nous devrions en principe prendre soin de plusieurs dimensions de notre être, c’est-à-dire de l’Homme-Prêtre. Il y a trois grands domaines dans lesquels nous appelés à faire un travail permanent : le domaine humain (la connaissance de soi avec tous les aspects qui impliquent l’estime de soi, se respecter et respecter les autres, la gestion des émotions, le lâcher prise, la communication non-violente, l’analyse transactionnelle, la jalousie, le piège de victime, bourreau et sauveur, le triangle dramatique de Stéphan Karpamann), la maturité humaine avec tous les aspects de l’affectivité et de la sexualité, le domaine spirituel ( la reconnaissance du don de la foi, la foi vécue comme prière et célébration, la foi personnalisée, traduite en actes, la foi éprouvée, la foi étudiée et comprise, la foi partagée, la foi annoncée) et le domaine charismatique (expérience mystique, le chemin d’ascèse, le sens d’appartenance...).
Je viens de parler de façon globale. Pour être concret, je prendrai deux profils présentés par le cardinal Sarah :
- Les prêtres sont rien et tout : le prêtre doit travailler à l’épanouissement ordonné et équilibré des vertus humaines et morales pour être un instrument entre les mains de l’artisan divin. Il s’agit là de l’aspect humain. Donc, pour soigner et célébrer l’onction, il est important et urgent de prendre soin de la dimension humaine. En d’autres termes, il s’agit de la maturité humaine, affective et sexuelle de l’homme prêtre.
- le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une sorte d’anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens. Il s’agit là de la dimension spirituelle.
- TRAVAILLER SUR SON HUMANITE
« Les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent »
« Que l’on passe sa vie à rire ou à pleurer ne modifie pas la durée de la vie ». Ce proverbe japonais traduit une expérience universelle : chacun dispose d’un temps de vie donné, mais la façon de vivre ce temps dépend de chacun. Il dépend de nous que nous le passions à rire ou à pleurer ». Le proverbe attire notre attention sur le fait qu’il dépend de nous de passer la plus grande partie de notre vie dans la dépression ou bien dans une attitude constructive. La manière de réagir aux contraintes extérieures est entre nos mains.
PRESUPPOSES
- La personne humaine est un être conscient et libre. Elle est appelée à grandir dans une conscience morale et une liberté qui portent à la maîtrise de soi et à la responsabilité.
- La personne humaine est une réalité divisée en elle-même. Elle est attirée en des directions opposées qui peuvent la mener à la maturité ou à la régression (vertu et péché, conscient et inconscient, liberté et esclavage). Elle se réalise dans la mesure où elle s’investit dans le choix de la maturité sans pour autant prétendre effacer totalement l’autre.
- La personne humaine est appelée à vivre la relation interpersonnelle comme un lieu de la réalisation de soi, grâce à ce qu’elle reçoit et donne aux autres
- La personne humaine est capable de se transcender et de s’ouvrir au monde divin, jusqu’à se sentir aimée par Dieu et capable de l’aimer en retour.
C.G. Jung ne cesse d’attirer notre attention sur le fait que le chemin d’une vraie maturité passe par la descente dans le monde d’en bas, c’est-à-dire dans notre inconscient. D’après Jung, le chemin qui mène vers Dieu passe par la descente dans notre propre obscurité, dans notre royaume de l’ombre. Le père Jean Monbourquette, oblat, psychothérapeute canadien, a écrit un livre très intéressant : Apprivoiser son ombre.
« Nous portons en nous tout ce à quoi nous aspirons, tout ce qui nous effraie et tout ce que nous fuyons »
En nous, il n’y a pas qu’une aspiration spirituelle ; mais il existe des sphères athées, qui se refusent à la piété.
Anselm Grün dit : « Le secret du bonheur pourrait s’exprimer ainsi : Sois qui tu es. Ne te fais pas d’illusions. Accepte de ne pas être un héros, ne t’accorde pas trop d’importance. Travaille sur tes faiblesses mais sans acharnement. Lâche prise. S’épuiser dans la fuite est inutile. Ce n’est pas ainsi que nous pourrons nous en défaire. La seule chose possible : rester où nous sommes et nous réconcilier avec ce que nous portons en nous.
L’histoire du fils du rabbin
Un jour de sabbat, le fis d’un rabbin alla prier dans une autre synagogue que celle de son père. A son retour, le rabbin lui demanda : « Eh bien, as-tu appris quelque chose de nouveau ? » Et le fils de répondre : « Oui, bien sûr ! » Le père, un peu vexé dans sa fierté de rabbin, reprit :
« Alors, qu’est-ce donc qu’ils enseignent là-bas ? Aime ton ennemi ! » Dit le fils. Le père s’empressa de répliquer :
« Ils prêchent la même chose que moi. Comment peux-tu prétendre avoir appris quelque chose de nouveau ? » Le fils répondit : « Ils m’ont appris à aimer l’ennemi qui habite en moi, alors que je m’acharne à le combattre. »
Les ennemis qui habitent en nous, Jean Monbourquette les appelle : l’ombre.
Qu’est-ce que l’ombre ?
L’ombre, c’est tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejetés par les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation. Nous avons eu peur de perdre leur affection en les décevant ou en créant un malaise par certains comportements ou certains aspects de notre personnalité. Alors, pour leur plaire, nous nous sommes empressés de reléguer de larges portions de nous-mêmes aux oubliettes de l’inconscient.
Sensibles à l’appréciation des autres, nous nous sommes montrés gentils, polis, corrects. Et pour ce faire, nous avons dû refouler tout ce qui pouvait paraître déviant, honteux ou répréhensible. Par besoin de reconnaissance, nous nous sommes conformés aux exigences, aux règles et aux lois de notre milieu. Et nous nous sommes évertués à camoufler ce qui semblait lui déplaire ou le choquer.
Peu à peu, il s’est construit au fond de nous-mêmes un vaste monde souterrain fait de répressions et de refoulements accumulés au fil des années. Nous nous sommes finalement retrouvés assis sur une sorte de volcan psychique qui menaçait d’entrer en éruption à tout moment. Cette énergie psychique compressé, mais toujours vivante et active, nous l’appelons l’ombre.
Il faudrait travailler sur son ombre pour une saine croissance (l’ombre et la connaissance de soi, l’ombre et l’estime de soi…), apprivoiser son ombre pour avoir de saines relations sociales (perturbations causées par la projection de l’ombre, résolution des conflits créés par la projection de l’ombre…), l’importance du travail de réintégration de son ombre pour le développement de la vie morale (d’une morale centrée sur la loi à une morale de la conscience, la morale de la loi et la création de « boucs émissaires »), réintégrer son ombre en vue d’assurer une croissance spirituelle
Maturité humaine : notion et complexité
La complexité de la personne, la multiplicité des domaines que la constituent et la diversité des éléments qui concourent à sa croissance dans le temps rendent difficile la définition de la maturité humaine. Cette difficulté se perçoit aussi dans la quantité des concepts qui la désignent : santé psychique, équilibre, normalité, adulte, réalisation de soi, responsabilité, intégrité, compétence, etc. C’est là l’expression d’une richesse d’écoles et de tendances qui essayent, chacune, d’accentuer une facette de la même réalité complexe.
Du point de vue psychologique, la maturité (santé psychique, équilibre) est conçue comme capacité d’agir de manière autonome, libre, réfléchie et responsable. elle est la conséquence d’un progrès graduel où l’on a appris, grâce surtout au concours de l’éducation, de sa volonté et des aptitudes naturelles, à gérer et à répondre aux situations de la vie personnelle et communautaire.
La maturité est aussi à percevoir comme un parcours de maturation et une somme des maturités, puisque chacune des composantes de l’être humain a son rythme qui n’est pas nécessairement celui de l’autre. Une personne peut être biologiquement mûre, mais demeurer intellectuellement, affectivement ou religieusement immature. Sous cet angle, c’est le moment d’affirmer qu’il n’y a pas de maturité en soi mais un devenir continuellement mûr.
On peut voir aussi la maturité en termes de capacité de projeter le futur, de se fixer un but à poursuivre. Ce but devient le stimulant autour duquel on organise ses activités et on oriente sa conduite, une motivation qui conduit à se remettre en question pour évaluer sa marche vers ce point de tension.
La maturité se dessine alors comme la capacité de savoir ce qu’on veut réaliser, pourquoi on le veut et ce qu’on doit faire pour réaliser son désir. Elle est l’art de s’interroger sur les questions fondamentales de son existence et sur celles des autres pour une collaboration qui facilite le bien-être de chacun et de tous.
L’affectivité
L’affectivité figure parmi les sujets problématiques de la psychologie, quoique son étude déborde ce domaine (la biologie, la neurologie, la médecine, la sociologie, la spiritualité y sont aussi concernées diversement). Toutefois, bien des chercheurs s’accordent quant à sa référence au monde de l’émotion, de l’humeur, de la pulsion, du sentiment et du plaisir/déplaisir.
Elle est une énergie puissante qui stimule et soutient une action, une relation, voire un comportement utile à satisfaire un besoin. Le plaisir ou le déplaisir qui s’ensuivent, signalent que l’objectif a été ou non atteint. En fait, l’affectivité apparait comme une pulsion vitale, une force capable d’imposer une direction donnée au sujet et de le faire agir. On peut d’ailleurs remarquer que, bien souvent, nos passions, nos émotions, et nos sentiments orientent aussi bien nos actions que nos décisions.
Notre attention portera sur sa compréhension comme capacité à vivre des relations interpersonnelles saine (sans troubles psychiques majeurs), comme oblativité, capacité d’aimer et de recevoir de l’amour (d’être aimé) sans attitudes défensives préétablies.
Elle ouvre les portes à bien des horizons (saine communication, amitié, écoute, humilité, joie, dialogue, altérité, introspection…) et renvoie la personne à elle-même avant de rencontrer l’autre.
La maturité affective peut être comprise comme une croissance progressive d’unification de la vie personnelle qui passe par la connaissance et l’acceptation de soi et de l’autre, un contact positif avec son propre monde émotionnel, la construction et l’engagement dans la projection de la vie personnelle et sociale.
L’affectivité bien formée servira de fondement à la recherche du bien, d’une vie épanouie de communion, portera à la chaleur de la vie fraternelle, incitera au réalisme qui accepte l’autre dans sa force et ses limites, le libère et lui laisse la marge de tolérance.
Elle favorise la juste mesure dans les réactions face aux sentiments évoqués, en fonction du choix de vie personnel, des convictions qu’on a et des visées qu’on poursuit.
Cependant, il y a plus. La maturité affective en appelle toujours à la notion de la sexualité : les deux s’interpellent. Dans la nature de l’affectivité, la sexualité est un élément constitutif de taille. Elle l’est aussi dans la structure même de la personne, parce qu’en général, si le développement de la sexualité advient sans trop de conflit, tout le reste suivra.
La maturité affective, c’est la capacité de gestion sereine des rapports avec soi-même et avec l’autre à travers la maîtrise considérable de son monde émotionnel et sentimental.
1.1 Réparer la vie relationnelle
« Qu’il incite à la pureté des mœurs par l’exemple de sa conduite. » Dans la prière d’ordination c’est par ces paroles que l’évêque demande que le prêtre soit par sa vie et par son ministère un modèle. Il y a ce lien profond entre le sacré et le pur. Or, ces derniers temps, nous avons été témoins de dérapages chez certains pasteurs. Si le témoin du Christ n’est pas cohérent entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, il provoque un contre-témoignage fatal pour la mission de l’Eglise et massacre des vies par son comportement (les abus sexuels ont produit, comme nous le savons, des vies affectives déréglées, des dépressions, des tentatives de suicide, des douleurs touchant à l’être profond).
Il nous semble important qu’à partir de ces pages sombres de fautes graves commises par certains clercs, nous puissions réagir en explorant et en décidant de développer des comportements dignes et bienveillants.
Nous proposons trois types d’attitudes pouvant aider le prêtre à avoir une relation ajustée avec les autres.
- L’innocence : nous avons le devoir de travailler pour retrouver l’innocence. Il ne s’agit pas d’une réaction opportuniste mais d’une réaction saine de responsabilité spirituelle pour retrouver la beauté et la pureté de notre foi dans le lien avec les autres. L’innocence précède toute corruption et toute culpabilité. Elle nous renvoie à la pureté de l’enfance. C’est-à-dire la renonciation ou le refus de la nuisance. Il s’agit de vivre en évitant de nuire. Une mentalité innocente, malgré la faute des origines, conserve un regard positif sur la vie, une capacité d’émerveillement, la confiance chez les autres, l’espérance dans l’humanité, en la bonté des êtres, la capacité du monde à changer et à s’améliorer. L’innocence est également un choix. face à ceux qui nuisent, l’homme libre décide de ne pas nuire. Face à la violence de notre monde, qu’elle soit verbale, psychologique, physique ou religieuse, le croyant, le prêtre, décide d’agir avec bienveillance.
- La pudeur : Comment parler aujourd’hui de la pudeur ? Nous vivons l’ère des téléréalités et des réseaux sociaux. Pour vivre heureux, vivons cachés, disait l’adage. Mais aujourd’hui on pense que pour être heureux il faut tout dire et tout montrer. La pudeur des sentiments et des corps est fondamentale pour croître en société. Cette vertu n’est plus à la mode. Il s’agit d’une attitude de retenue dans la vie relationnelle. Elle veille à ne pas dire, montrer ou faire des choses concernant son intimité. La pudeur protège l’intimité. Dans la vie collective la pudeur est une vertu nous sortant d’une certaine animalité. La pudeur favorise la dignité de l’homme. La pudeur est une attitude de respect et de crainte. Sans la pudeur, l’homme revient à son animalité, à satisfaire ses appétits.
- Le détachement : un prêtre accompagne un peuple et ce peuple est fait de personnes. chaque personne est un univers en soi. Par la pratique des sacrements le prêtre célèbre, parle et oriente les personnes. Il exerce une autorité et il transmet un message. Or, dans notre société à la liberté complexe et complexée, il est facile de confondre autorité, pouvoir, conviction, radicalité, rigidité, manipulation, séduction, domination…Avec beaucoup de légèreté de termes graves sont utilisés à l’égard des personnes peu appréciées. Nous entendons dire : « Il est un pervers narcissique », « C’est un manipulateur », « Il me harcèle ». Nous vivons un manque de lucidité et de sérénité dans la vie relationnelle. Les émotions l’emportent sur la raison. Dans notre société il y a beaucoup de manières d’accompagner les personnes. La demande d’aide est fréquente. Ce besoin répond à des questions existentielles fondamentales : comment vivre, comment être heureux, comment éviter les souffrances et ne pas faire souffrir les autres, bref comment ne pas rater sa vie. Cette démarche saine, naturelle, positive et constructive exige vigilance et prudence afin de ne pas être soumis à une personne manipulatrice qui humilie et écrase de manière malsaine. Pour le chrétien la manière d’être avec les autres est guidée par la vérité et la liberté : la vérité vous rendra libres (Jn 8,32). Un autoritarisme sévère dans la manière d’animer et d’accompagner peut favoriser des dépendances liées à l’admiration et à la culpabilité. Il ne faut jamais oublier qu’un prêtre est un homme suscitant la confiance de par sa vocation. les personnes se livrent totalement en partageant les domaines où elles sont les plus faibles, où elles peinent dans la vie. En fait, elles livrent leur vie en toute confiance. Or, mal agir ou agir maladroitement dans ces domaines si essentiels peut provoquer des blessures profondes. la mission de prêtre n’est pas d’abimer mais de réparer la vie humaine et spirituelle. Nous ne pouvons pas avoir des attitudes de manipulation, de séduction ou de domination. Ces comportements dévoilent un malaise personnel et des failles affectives pouvant contraindre la liberté de l’autre. La bienveillance spirituelle se manifeste dans la capacité de vouloir le bien et chercher le bien de la personne, sans vouloir consciemment ou inconsciemment la posséder.
1.2 Fuir la médiocrité
« Apprendre à discerner est l’une des choses les plus importantes que nous ayons à faire dans notre vie, et cela requiert un savoir, une conscience, une réflexion personnelle »
« Celui qui combat sans méthode combat en vain », dit un moine. Une méthode est nécessaire pour avancer sur la voie de la formation et pour devenir adulte. La discipline est l’art d’amoindrir la souffrance de vivre. Dans la discipline, nous apprenons à assumer notre vie plutôt qu’à la subir ».
« On ne peut pas être heureux sans être sage, honnête et juste ».
Rm 12, 1-2 : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est le volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait »
Le discernement. Comment savoir si une chose vient de l’Esprit saint ou si elle vient de l’esprit du monde ? Le seul moyen, c’est le discernement qui ne requiert pas seulement une bonne capacité à raisonner ou le sens commun. C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle.
Discerner n’est pas seulement nécessaire pour les moments extraordinaires, ou quand il faut résoudre de graves problèmes, ou quand il faut prendre une décision cruciale. C’est un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur.
Pour approfondir ce thème de discernement, vous pouvez lire le livre de Pascal Ide : « Comment discerner ».
Oui, il est important que les prêtres fuient la médiocrité dans leur vie. Nous n’avons pas reçu l’ordination pour être médiocres. Que les médiocres dégagent. Nous sommes le sel et la lumière du monde (Mt 5, 13-14).
Actuellement, certains dénoncent le règne de la « médiocratie » ; comme l’appelle le philosophe Québécois Alain Deneault, où existe une révolution anesthésiante dans laquelle il ne faut rien bouger, rien changer, rien créer
Dans cette démarche et pour s’éloigner de la médiocrité, certains dangers sont à éviter.
- Le danger de l’amnésie. Le reproche de l’ange à l’Eglise d’Ephèse. Nous le savons, dans la tradition biblique un de grands péchés est l’amnésie spirituelle. Oublier l’action de Dieu dans la vie de l’homme est un danger. Marie chante son Magnificat : Le puissant a fait pour moi des merveilles (Lc1,49). Marie garde comme force intérieure la mémoire d’un Dieu agissant dans sa vie. Le prêtre est béni de par sa vocation et son onction, donc il est porteur de dons spirituels. La mémoire du don de Dieu nous projette dans un avenir plein d’espérance.
- Le danger de la tiédeur. L’équivalent biblique de la médiocrité est la tiédeur. L’Apocalypse, sans prendre trop de formes, le dit : « Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant….puisque tu es tiède, ni froid ni brûlant, je vais te vomir de ma bouche (Ap 3, 15-16). Parfois il y a des formes subtiles de scepticisme pour ne pas avancer et pour rester dans des zones de confort. Nous avons des idées, nous tendons vers les idéaux mais nous restons dans le nid sans oser voler et éprouver la liberté. Nous avons des connaissances spirituelles sublimes mais, trop attachés aux choses terrestres, nous ne décollons pas et ne pouvons pas goûter à la foi. La tiédeur installe l’homme dans l’atrophie existentielle.
- Le danger de la superficialité. Les hypocrites, dit Jésus avec sévérité, aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes (Mt 6,5). Ils portent de larges phylactères et ils ont de longues franges à leurs vêtements ; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues ; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés Rabbi par les hommes (Mt 23, 5-7). Mais ces gens disent et ne font pas (Mt 23, 3). Jésus en parlant de cette manière éduque ses disciples à vivre d’une manière différente des hypocrites. La critique de Jésus concerne le style de vie et la manière d’être avec les autres. ce danger peut toucher la vie sacerdotale quand les questions de forme et d’apparence se manifestent d’une manière importante. Le besoin de se montrer, le besoin de reconnaissance peuvent extérioriser un certain mal-être ou un certain vide intérieur en quête de maturité. Dans la vie relationnelle, nous pouvons avoir des liens qui nous nourrissent et d’autres qui nous vident (les relations toxiques. Les prêtres sont de bons payeurs, ils ont peur d’être dénoncés). Les comportements superficiels nous placent dans des situations inconfortables : plaintifs, dépendants affectivement, conflictuels, hypersensibles…La foi et l’enseignement de Jésus encouragent le disciple à dépasser la dimension épidermique d’une relation ou d’une situation pour s’inscrire dans une démarche de vérité. Le contraire de cette superficialité est une vie sereine, authentique et libre.
- Le danger du matérialisme. Dans la parabole du riche insensé (Lc 12, 16-21), Jésus apprend à ses disciples le détachement des biens matériels. La tentation est grande, quand les difficultés touchent la vie du prêtre, de se réfugier, comme le riche de l’Evangile, dans les biens matériels. Inconsciemment, il pense se sauver seul grâce à ce qu’il a. L’abondance rassure temporairement, mais elle ne comble pas. L’homme de l’Evangile est lucide et habile ; il a travaillé, il a produit et il est prévoyant. Mais, dans sa vie, il n’y a aucune place pour les autres : mon blé, mes greniers, mes biens… Il ne pense qu’à lui et à la jouissance de sas biens. Sa richesse matérielle ne le sauve pas de la mort.
- Quand il croit qu’il est tranquille et en paix, on lui demande la vie. Dieu ne lui demande pas ses biens, ils appartiennent à la terre, il lui demande la vie. En fait, ses greniers sont pleins mais sa vie est vide.
Ce texte montre que l’homme de la parabole est capable de gérer et d’administrer ses biens, il a des talents. Mais ses biens lui prennent la vie, le temps, l’énergie, les affects. Il donne tout son être et toutes ses capacités à ses biens matériels. Si le matérialisme pur et dur ne fait pas partie des choix des prêtres, il faut cependant être vigilant par rapport à des manières sournoises de céder à un certain confort détournant de l’essentiel.
Proximité entre les prêtres
Rm 12, 9-12
Le geste de l’imposition des mains, de par sa nature, crée une réelle communion entre les prêtres et avec l’évêque. Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans du presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle. Le lien n’est pas juste affectif et formel mais sacramentelle. Ce lien est la communion, en d’autres termes, l’amour fraternel. L’amour fraternel ne cherche pas son intérêt, il ne laisse pas la place à la colère, au ressentiment, à l’envie. Le véritable amour se réjouit de la vérité et considère comme un grave péché le fait de s’attaquer à la vérité et à la dignité des frères par la calomnie, la médisance et les ragots. L’origine c’est l’envie. On y arrive, même aux calomnies pour obtenir un poste… et c’est très triste. Pour les prêtres, l’amour fraternel ne reste pas enfermé dans un petit groupe, mais il se traduit en charité pastorale.
Les neuf caractéristiques de la communion fraternelle :
- Faire part de ses vrais sentiments (authenticité), Eph 4, 25 : Aujourd’hui il y a des ateliers sur la gestion et la régularisation de la colère.
- S’encourager réciproquement (Mutalité), 1 Th 5, 11 : savoir se réjouir de la réussite des autres. Le Pape François parle de la maladie de l’indifférence envers les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie à voir l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager. Qui peut déterminer en quoi consiste le succès ? La société stupide dans laquelle nous vivons ! La préoccupation majeure de cette société est que ceux qui la composent continuent à être malades. Plus vite vous comprenez cela, mieux vous vous porterez. Les gens sont malades. Vous devenez curé d’une paroisse, vous en êtes fier, et vous croyez que vous avez réussi la vie. Réussir sa vie, c’est se réveiller.
- Se soutenir les uns les autres (Sympathie), Rm 12, 10 : Nous pouvons avoir des points de vue différents. Cela ne veut pas dire que nous devons arrêter de dialoguer ni de nous fréquenter.
- Se pardonner (Miséricorde), Col 3,13 : Le faible ne peut pas pardonner. Pardonner appartient aux forts (Mahatma Gandhi.
- Se dire la vérité avec amour (Franchise), Prov 24,2 ; Gal 6,1-2 : La vérité vous rendra libre.
- Admettre ses faiblesses (Humilité), Rm 12, 16 ; Phil 2, 3-4 : Au fond, en psychologie, les hommes forts n’existent pas. Quand je regarde les gens, je ne suis pas impressionné. Je le vois d’abord comme des êtres humains, c’est-à-dire un mélange de lumière et des ténèbres.
- Respecter les différences (Courtoisie) Rm 15,2 ; Tite 3,2 : Cessez d’essayer de changer les autres. Nous gaspillons notre temps et notre énergie à essayer de changer les contingences, à essayer de transformer nos confrères, nos supérieurs, nos amis, et tout le reste. nous n’avons pas à changer ce qui nous entoure. Les sentiments négatifs sont en nous. Il n’y a aucun être sur terre qui soit capable de nous rendre malheureux. Il n’y a aucun événement qui ait le pouvoir de vous blesser ou de vous inquiéter.
- Ne pas faire de ragots (confidentialité) ; Prov 16,28 : Le Pape François parlait souvent du commérage. Il s’était adressé à la curie romaine le 22 décembre 2013. Les 15 maladies de la curie romaine. La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. C’est une maladie grave, qui commence simplement, et qui s’empare de la personne. Celle-ci se met alors à « semer de la zizanie » (comme Satan), et dans beaucoup de cas à « assassiner de sang-froid » la réputation de ses propres collègues et confrères. C’est la maladie des personnes lâches qui, n’ayant pas le courage de parler directement et parlent dans le dos. Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages. Ces personnes ont la maladie qui consiste à diviniser les chefs. Ils courtisent leurs supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ce sont des personnes mesquines, malheureuses, inspirées seulement par leur égoïsme fatal. Derrière chaque méchanceté se cache la jalousie.
- Donner priorité au groupe (Régularité) Heb 10,25. Ce que nous sommes c’est grâce au concours du diocèse aussi. Ne l’oublions pas. Nous sommes connus aujourd’hui parce que nous sommes membres de ce clergé. Ce diocèse a fait beaucoup pour nous. Il peut avoir quelques faiblesses, mais n’oublions tous les sacrifices consentis par plusieurs personnes de ce diocèse pour notre épanouissent. J’ai toujours dit que la première fois que j’ai pris l’avion dans ma vie, c’était pour aller au noviciat. J’ai étudié dans les grandes universités de ce monde grâce à ma congrégation. J’ai visité presque tous les continents…
- TRAVAILLER SA SANCTIFICATION
« Le prêtre est un homme consacré et il est l’homme du sacré : un prêtre qui n’est pas saint est une sorte d’anomalie. Car le sacré sans sainteté n’a pas de sens. »
PRESUPPOSES
- L’homme est l’interlocuteur de Dieu qui en fait son partenaire, capable d’écouter sa voix et de Lui répondre.
- Dans ce dialogue, l’homme découvrira sa vérité et la possibilité de se réaliser pleinement. Il fait l’expérience que sa liberté est fondée sur la liberté de Dieu qui ne s’impose jamais, mais laisse libre d’accepter ou de refuser son appel à une vie de croyant.
- Si l’homme accepte le risque et se confie en Dieu, il entre mystérieusement dans le monde de Dieu. Le cœur devient alors participant des désirs de Dieu et il apprend à aimer comme Dieu lui-même.
- Tout cela se reflète dans les rapports quotidiens, vécus non plus selon la seule logique humaine, mais selon la logique évangélique de la vie dans la mort, de la folie de la croix,
- L’homme spirituel n’est pas celui qui vit loin de la réalité du monde ou qui a renoncé à son humanité, mais celui qui vit chaque moment de son existence dans cette perspective croyante.
Voici quelles sont donc les ressources et les possibilités de chaque homme sur le plan spirituel.
« Voici la volonté de Dieu : votre sanctification (1 Th 4,3).
« Afin que délivrés de la main des ennemis, nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours » (Cantique de Zacharie)
La sainteté du prêtre part du Père qui nous consacre. Dans cette consécration, il y a un désir de communion profonde avec le Seigneur. Etre prêtre est une manière d’être uni au Christ, d’une manière plus radicale, plus authentique et moins formelle. Par la consécration, le prêtre renonce à sa volonté propre. Il ne s’appartient plus lui-même.
Notre être des prêtres n’est donc pas une autre chose qu’une nouvelle et radicale façon d’être unis au Christ. Substantiellement, cela nous a été donné pour toujours par le sacrement. Mais ce nouveau sceau sur notre être peut devenir pour nous un jugement de condamnation si notre vie ne se déploie pas dans la vérité du sacrement.
Ce qui est sacré en nous, ce n’est pas notre pauvre personne humaine, c’est notre identification au christ. C’est ce « oui » prononcé en lui. Nous sommes consacrés, c’est-à-dire offerts à Dieu. Le prêtre est consacré, il est l’homme du sacré, parce qu’il appartient à Dieu. Le prêtre a reçu l’onction. L’onction est un don de Dieu, un don surnaturel pour accomplir une mission. L’onction transforme la personne, touchant son être profond. Elle vient de Dieu pour fortifier l’élu et pour bénéficier au peuple.
Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17,1).
Que devons-nous faire ?
Nous convertir. C’est l’urgence de l’intériorité.
Carl Gustav Jung : « Celui qui regarde vers l’extérieur rêve. Celui qui tourne son regard vers l’intérieur s’éveille »
Une petite histoire : Le plus petit de Dieu
Les dieux s’aperçurent de leur erreur après avoir créé les êtres humains, curieux, intelligents, assoiffés de connaissance et attirés par la recherche spirituelle. Ils se mirent à craindre qu’en peu de temps les humains ne le défient. Tous les dieux se réunirent pour savoir où cacher les dons précieux de l’âme humaine. Ils émirent une foule de suggestions : sur la plus haute montagne ? Dans les profondeurs de la mer ? Dans les abimes profonds ? Dans les jungles impénétrables ? La lune et les autres planètes ?
Le plus petit des dieux, resté silencieux jusque-là, prit la parole : Je connais un endroit où les humains ne penseront jamais pouvoir trouver leur âme. Cachons-la au plus profond d’eux-mêmes.
« Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi » (Mt 15,8).
Tout ce qui est grand a besoin de silence pour naître en l’homme. C’est le silence qui prépare à bien écouter, à prêter attention aux nuances du son quand quelqu’un parle. Mais elle est aussi la condition nécessaire pour que nous percevions dans notre cœur la voix de Dieu.
Sans travailler et sans soigner la vie intérieure, il est facile de perdre sa propre humanité. Notre vie spirituelle nous apprend à l’ouverture intérieure : chercher Dieu et se laisser trouver par lui.
Oui, c’est à l’intérieur que nous ne trichons pas. C’est à l’intérieur que nous retrouvons notre véritable identité. Un prêtre doit habiter sa propre vie intérieure. Un déficit de vie intérieure peut faire basculer vers une vie banale et superficielle.
L’Ecriture nous dit que l’homme intérieur grandit seulement s’il se laisse guider par l’Esprit (Ga 5,18). La vie intérieure progresse quand nous sommes dociles à l’Esprit de Dieu. Si les fruits de notre vie sont, comme le dit Paul aux Galates (5, 22-23), alors notre ministère pastoral sera fécond parce que nourri par Dieu.
Nous devons nous convertir chaque jour. Nous savons que c’est là une exigence fondamentale de l’Evangile adressée à tous les hommes, et nous devons d’autant plus la considérer comme adressée à nous. Si nous avons le devoir d’aider les autres à se convertir, nous devons agir de même et continuellement en ce qui concerne notre propre vie. Nous convertir signifie retourner à la grâce même de notre vocation, méditer l’infinie bonté et l’amour infini du Christ qui s’est adressé à chacun d’entre nous en nous appelant par notre nom : « suis-moi ». Nous convertir veut dire « rendre compte » de notre service, de notre zèle, de notre fidélité, devant le seigneur de nos cœurs. Nous convertir, cela veut dire « rendre compte » aussi de nos négligences et péchés, de notre manque de foi et d’espérance, de notre façon de penser seulement « de manière humaine » et non pas « à la manière de Dieu ». Nous convertir, signifie, chercher à nouveau le pardon et la force de Dieu dans le sacrement de la réconciliation et ainsi recommencer toujours et progresser chaque jour, nous maîtriser, réaliser des conquêtes spirituelles. Nous convertir, veut dire « toujours prier sans jamais se lasser ». La prière est d’une certaine manière la condition première et ultime de la conversion, du progrès spirituel, de la sainteté. C’est la prière qui définit le style essentiel du sacerdoce ; sans elle, ce style se déforme. La prière nous permet de nous convertir sans cesse, de demeurer toujours tendu vers Dieu, ce qui est indispensable si nous voulons conduire les autres vers Dieu.
La prière nous aide à croire, à espérer et à aimer, même quand notre faiblesse humaine y fait obstacle. Sans la prière, toute notre agitation est vaine. Elle risque de se transformer en action sociale plus que sacerdotale. L’activisme stérilise l’apostolat, même paré de succès extérieurs brillants, et risque de conduire à de lamentables catastrophes morales et spirituelles. Prier, pour nous prêtres, c’est aussi accueillir les épreuves et les souffrances.
« Quand la vie spirituelle va mal, on dit que c’est par manque de solides convictions et de maturité. Et quand un prêtre est en crise, on en donne la faute au manque de formation, oubliant que tout don de Dieu réclame la fidélité de notre part. Si l’on est fidèle, même sans formation, l’on se forme. Si l’on est fidèle, même sans maturité, l’on murit. Si l’on est fidèle, même avec toutes les misères on progresse dans le bien. Si l’on est fidèle, il n’y a rien. La maturité ne sert pas, la formation ne sert pas, la responsabilité ne sert pas, la dignité ne sert pas ; rien ne sert. La fidélité est l’amour d’aujourd’hui. »
Père Jean-Claude KANKU, cicm
Du Vatican : oser la paix
Oser la paix” – Cérémonie de clôture
En direct du Colisée, rencontre internationale pour la paix, “les religions et les cultures en dialogue“, avec la participation du Pape Léon XIV
Nous vous proposons la cérémonie conclusive de ce rassemblement.
journal de la RTF du 28.10.2025
Sanctuaire marial de Bena Kalongo: évolution au 31 Mai 2025
Habemus papam
A peine commencé, le conclave pour l'élection du successeur du défunt pape Fançois, qui est rentré dans la maison du Père le 21 Avril 2025, accouche au deuxième jour.
Ce 08 Mai 2025 sera un jour mémorable pour les catholiques romains.
La fumée blanche a soulevé la liesse des fidèles, ils attendent de connaître le nouveau Pontife.

LEON XIV est le nouveau pape.

La biographie du nouveau Pape Léon XIV
Le cardinal Robert Francis Prevost, préfet de l'influente Congrégation pour les évêques, est un prélat né à Chicago qui a passé de nombreuses années comme missionnaire au Pérou avant d'être élu à la tête des Augustins pour deux mandats consécutifs.
Vatican News
Né le 14 septembre 1955 à Chicago, dans l'Illinois, Prevost est entré au noviciat de l'Ordre de Saint-Augustin (OSA) en 1977 et a prononcé ses vœux solennels en 1981.
Il est titulaire d'une licence en mathématiques de l'Université Villanova en 1977, d'une maîtrise en théologie de l'Union théologique catholique de Chicago, ainsi que d'une licence et d'un doctorat en droit canonique du Collège pontifical Saint-Thomas d'Aquin à Rome. Sa thèse de doctorat portait sur «Le rôle du prieur local dans l'Ordre de Saint-Augustin».
Sa carrière dans l'Église a été marquée par des rôles et des réalisations marquants. Après son ordination sacerdotale en 1982, Prevost rejoint la mission augustinienne au Pérou en 1985 et sert comme chancelier de la prélature territoriale de Chulucanas de 1985 à 1986.
De 1987 à 1988, il a passé les années 1987 et 1988 aux États-Unis comme curé des vocations et directeur des missions de la province augustinienne de Chicago, avant de retourner au Pérou. Pendant les dix années suivantes, il a dirigé le séminaire augustinien de Trujillo et enseigné le droit canonique au séminaire diocésain, où il était également préfet des études. Il y a également exercé d'autres fonctions, notamment celles de curé, d'officiant diocésain, de directeur de la formation, de professeur de séminaire et de vicaire judiciaire.
En 1999, il est retourné à Chicago et a été élu prieur provincial de la province «Mère du Bon Conseil» de l'archidiocèse. Deux ans et demi plus tard, il a été élu prieur général de l'Ordre des Augustins et a exercé deux mandats jusqu'en 2013.
En 2014, il est retourné au Pérou lorsque le pape François l'a nommé administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo. Il a été élevé au rang d'évêque de Chiclayo en 2015. Durant cette période, il a également été vice-président et membre du conseil permanent de la Conférence épiscopale péruvienne de 2018 à 2023.
Pendant cette période, les évêques péruviens auraient joué un rôle important pour assurer la stabilité institutionnelle lors des crises politiques successives qui ont conduit au renversement des présidents successifs.
En 2020 et 2021, Prevost a été administrateur apostolique de Callao, au Pérou.
Le pape François a nommé Mgr Prévost préfet du Dicastère pour les évêques en janvier 2023, le chargeant ainsi de la sélection des évêques. Plus tard dans l'année, le 30 septembre 2023, il l'a élevé au rang de cardinal.
Pendant ses premiers mois en tant que préfet, Mgr Prévost est resté discrètement présent dans les médias, mais il était apparemment apprécié pour son sens de l'écoute et sa maîtrise des dossiers. Aleteia rapporte qu'un évêque français qui l'a rencontré deux mois après sa prise de fonctions a loué ses «questions judicieuses» et son esprit de synthèse, soulignant que ce premier contact lui avait laissé une «bonne impression».
Le cardinal Prévost est membre de sept dicastères du Vatican ainsi que de la Commission pour le gouvernement (Governatorato) de l'État de la Cité du Vatican, ce qui témoigne de la confiance que le pape François lui accorde et de l'importance qu'il accorde à ses compétences administratives.
SANCTUAIRE EN CONSTRUCTION au Domaine Marial de Bena Kalongo/ Notre Dame de Fatima
Suivre son évolution: vue aérienne d'août 2024




Vue globale
Jubilé Presbytéral d'argent 2022
Le 1er Août 2022, la plus nombreuse promotion de prêtres du diocèse de Mbujimayi, s'est retrouvée pour fêter son jubilé presbytéral en la cathédrale saint Jean Bonzola.
Jusqu'à ce jour, le diocèse de Mbujimayi compte , comme la plus nombreuse promotion d'ordination sacerdotale, celle du 1er Août 1997. En cette date, feu Mgr Tharcisse TSHIBANGU, alors évêque de Mbujimayi,
ordonnât en une seule célébration eucharistique
-Quinze prêtres Diocésains ( Badibanga Paul, Cimena Grégoire, Citenga Alphonse Mathieu, Cyanda Jean Louis, Ilunga Odon, Kalala Paulin,Kaleta Pierre, Katembwe Joseph, Kazadi Kantumba Godefoid,
Mbuyi Anatole Claude, Mpoyi Céléstin, Mutoka Jean Claude, Ndjibu Shabana Crispin, Ngandu Daniel)
-Deux prêtres religieux: Ilunga Bernard (SVD) et Kabemba Emmanuel (Institut séculier saint jean Baptiste) et un diacre en vue du sacerdoce, Nsasa Sébastien (Institut séculier saint jean Baptiste)

Bien que réduit à quatroze suite au décès en 2019 de l'abbé Godefroid KAZADI, la promotion 1997 demeure la plus nombreuse du diocèse de Mbujimayi.
Néanmoins ces confrères disséminés dans le monde, se sont donné rendez-vous et ont fêté leur 25 ans de vie sacerdotale , entourés des confrères, familles,
amis et fidèles chrétiens, venus nombreux les entourés en la cathédrale saint Jean Baptiste ce 1er août 2022.
En l'absence de Taatu Bernard E. KASANDA, évêque de Mbujimayi , à qui ils avaient demandé de présidé l'eucharistie d'Action de grâce de ce jour,ce fut leur prédicateur de récollection et ancien formateur
abbé Kalenga Shimba wa Kamunga Simon , qui présidât cette eucharistie au cours de laquelle le directeur du centre pastoral Abbé Jean Mulomba, leur remit une bénédiction pontificale personnelle.
La Chorale diocésaine Cinu Nkonga Batu, animât avec faste cette messe.
Avec leurs invités et tous les prêtres présents à cette messe, les Jubilaires partagèrent un temps convivial au centre de formation et de développement Mpokolo wa moyo .
Ces images en disent long
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